Fantastique

Ou comment l'irrationnel et le surnaturel surviennent dans notre réalité quotidienne.

Les brillants - Marcus Sakey

LesBrillants1La traque commence:

Une petite fille est capable de savoir à 100% si vous êtes en train de mentir ou non, un homme décrypte les fluctuations boursières du marché et engrange 300 milliards de dollars en une semaine, une femme sait d'instinct où se placer pour qu'on ne la voit pas. On les appelle les "brillants" et depuis 1980, 1% de la population nait avecces capacités aussi exceptionnelles qu'inexplicables.

Un Brillant fait néanmoins couler le sang et souhaite déclencher une guerre, alors les Etats-unis dépèche leur meilleur agent fédéral pour le traquer, le débusquer et l'achever. Mais pour arrêter l'homme le plus dangereux d'Amérique, l'agent Nick Cooper va devoir remttre en cause tout ce en quoi il croit, quitte à trahir les siens.

 

La piste se découvre:

Ca démarre très fort: un héros Brillant, bourru cachant surement un grand coeur, et le sacrifice d'une jolie jeune femme annoncant une guerre inter-espèce sur fond de complot gouvernemental. On comprend immédiatement le lien avec le pitch de la série "Alphas". et si cela ne suffisait pas, touchons le héros au coeur en menacant sa fille: emballé c'est pesé !

Niveau rythme suivez le guide: l'histoire démarre vite, elle accélère puis finit en sprint. On en sort complètement essouflé.

Avec des péripéties tordues et complètes respectant à la lettre les poncifs du genre: espionnage, infiltration, amours, doutes et trahisons, mon collègue Clément parlerait de "schéma narratif rassurant" pour décrire la trame de ce premier tome (d'une trilogie).

A conseiller aux lecteurs ayant adorés la série "Alphas", "Heroes" et les films d'espionnage bourrés d'actions comme la trilogie des Jason Bourne.

 

Bérenger

Le fossile d'acier - Philippe Saimbert

LefossiledacierLe train entre en gare:
Il emmène un petit groupe hétéroclite à travers la forêt d'un petit pays d'Europe centrale.
Quand la locomotive se détache, abandonnant le wagon de nos voyageurs, l'excursion vire au cauchemard.
Apparitions étranges et morts brutales révèleront, bien magré eux, les pires secrets des passagers...

Et nous emporte à destination:
Dès les premières pages, on constate le caractère graphique, visuel de l'écriture.
On se met très facilement à se représenter la scène projetée sur la toile de nos paupières closes.
Il ne manquerait, à la limite, plus que les indications pour le cadreur (plan large, travelling sur les géraniums, ralenti sur soleil couchant, etc...) et l'on se croirait au cinéma.
Chaque chapitre se consacre à quelques personnages, avec un décor particulier et une intrigue propre. Au cours du récit, chacune de ces scénettes vient donc apporter sa pierre à l'édifice de l'intrigue principale.
Au fil des pages on découvre les poncifs du film d'horreur: les personnages convaincus d'une explication rationnelle qui vont austraciser le fanatique avant de se tourner vers lui quand la situation va déraper, chaque personnage qui se voit confronté à ses démons, la créature entraperçue par le héros juste suffisamment longtemps pour qu'il se mette à douter, et donc faire monter la pression et relancer le film/l'histoire...

Une histoire d'horreur très classique donc, où les lecteurs chevronnés verront malheureusement les ficelles (parfois un peu grosses) de ce type de récit.

Bérenger

Le dernier loup-garou - Glen Duncan

LedernierloupgarouSur la piste:
Jake Marlowe est le dernier loup-garou sur Terre et il n'en peut plus.
Pourchassé par des tueurs fanatiques, protégé contre son gré par une autre organisation secrète, Jake a décidé d'arrêter de fuir.
Il l'a décidé: la dernière pleine lune sera sa dernière.
Mais pour ce vieux loup-garou blasé, rien ne va se dérouler comme prévu.

Sous la fourrure:
Glen Duncan dynamite cette fois le mythe du lycanthrope (après avoir dépoussiéré celui du premier des déchus dans Moi Lucifer).
De l'humour et de l'émotion, sans oublier un brin de sexe, voilà des éléments bien étonnants pour raconter l'histoire d'un vieil immortel suicidaire.
Et pourtant la recette prend avec une bonne dos de testostérone et de rebondissements.
L'intrigue se densifie à mesure que notre héros (?) perd pied et appelle, en fin de volume, à la suite le plus vite possible !

Bérenger

Manhattan Carnage - Orcus Morrigan

Manhattan carnageAvant la mort:
Où étiez-vous le matin du 11 septembre ?
Moi, j'étais dans les toilettes du 75e de la tour nord en train de pistonner Mme. Ramsey.
Et j'en suis mort. Jusqu'à ma résurection et la mission que l'on m'a dit de mener à bien: punir les enfoirés !
Et vu le nombre de salopards sur Terre, j'ai du pain sur la planche.

Après la vie:
Ca attaque vite et fort !
Fan de gore et de violence gratuite, vous êtes servis. Dès les premières pages, l'auteur nous plonge dans le grand bain de tripailles, de sexe, de sang et de juste suffisamment de pus pour parfaire ces petites joies dont tout zombie respectable se délècte.

Peu être même un peu trop fort ?
A mon sens, c'est gratuit et dénué de toute morale. Le langage crû et le fait que l'auteur prenne à contrepied quasimment tous les standards que l'on peut attendre dans ce genre d'histoire sont peu être les seuls points d'intérêts de ce roman.

Une deuxième vie dans la suite ?
A découvrir prochainement dans: Certains l'aiment froid.

Bérenger

La soif primordiale - Pablo de Santis

La soif primordialeDans la vitrine:
Lorsque Santiago, jeune provincial de son état, débarque en ville pour découvrir la vie, il est loin de se douter de la portée de ses découvertes.
Tour à tour réparateur de machines à écrire, pigiste et rédacteur de la rubrique "ésotérique" d'un journal local, il finira informateur pour le ministère de l'Occulte argentin.
Malgré son scepticisme, il va se voir confronté au meurtre d'une mystérieuse créature: un antiquaire.
Il devra alors affronter la vie, son destin, ses besoins et cet étrange amour, cette passion, cette soif qui va naitre au plus profond de lui...

Dans l'arrière boutique:
Disons le de but en blanc, Pablo de Santis s'approprie ici le mythe surexploité du vampire et parvient à le rendre crédible, réel.
Etres tourmentés, animés d'envies qui leurs sont propres, de Santis nous propose une version bien humaine de ces créatures.
Il arrive même avec brio à illustrer cette fameuse maxime: "L'éternité c'est long, surtout à la fin", en brisant la chronologie de son récit.
Légèrement destabilisant aux premiers abords, il nous permet d'apréhender le temps comme seuls des êtres immortels peuvent le faire: brisé, décousu, intense, voué à l'oubli.

Fans d'actions débridées passez votre chemin, ici il s'agit de créer une d'ambiance et de susciter une réflexion.

Bérenger