Anthelme Hauchecorne

Journal d'un marchand de rêves, Anthelme Hauchecorne

Journal d un marchand de reves

Vous fermez les yeux:

Un tragique accident, un terrible traumatisme et me voilà en hopital psychiatrique. Merveilleux lieu pour découvrir le pouvoir du rêve et sa puissance ! Tout en étant évidemment déclaré sain d'esprit par les meilleurs spécialistes du mileu !

Mais toutes découvertes comportent son lot de danger et d'inconnues (c'est le principe), d'autant plus quand elle a déjà été faite il y a bien longtemps par des gens terriblement puissants.

Personnes dont je m'entête à contrecarrer, bien malgré moi (sain d'esprit vous vous rappelez ?), les plans. Et pourquoi me diriez-vous ? Pour la plus vieille histoire du monde: une fille bien sur !

Ha ! Et j'oubliais: une vengeance aussi.

 

Et vous vous éveillez:

Hauchecorne nous offre un nouvel univers, peuplé de rêves et de cauchemards, matiné de steampunk.

Un brin ingéal, aux vues de ces autres productions, Journal d'un marchand de rêves souffre, à mon humble avis, d'un rythme par trop décousu et d'un univers incomplet. Quelques pansements ça et là parsèment l'intrigue pour tenter d'assoir un contexte, mais cela reste trop inconsistant... Trop onirique peut-être ?

Certains évènements clés arrivent souvent de nulle part et c'est dommage. Cette histoire n'en reste pas moins une jolie ballade adolescente et le récit d'une amourette candide entre deux jeunes gens.

A conseiller aux romantiques fans de steampunk.

 

Bérenger

Le carnaval des corbeaux - Anthelme Hauchecorne

Lecarnavalauxcorbeaux

Oyez Oyez braves gens !
Ludwig est maigrichon et son père les a abandonné, sa mère et lui, sans donner d'explications. Afin de combler ce manque, il s'adonne au spiritisme dans sa chambre et relate ses troublantes expériences à son meilleur, et unique, ami: Gabriel.
Parlons un peu de ce dernier, même si son manque de caractère le dessert quelque peu. Fils décevant pour son père, il brille surtout par le fait, quasi-miraculeux, d'être tout juste moyen. Partout. Dans tous les domaines. Rien  ne le fait sortir du lot, ni même y rentrer d'ailleurs.
Alors quand une étrange fête foraine s'installe la veille de la Toussaint, nos jeunes thanatonautes s'y décident à prouver leur implication dans le monde horrifique de l'occulte.
A la lisière du monde des esprits, sauront-ils percer les mystères de l'Abracadabrantesque carnaval ?

Réservé aux artistes:
La première chose qui vous frappe en refermant vos mimines sur ce livre est la qualité de l'objet que vous tenez entre vos doigts.
Les éditions du Chat Noir n'y sont pas allées de main mortes: couverture rigide, et couleur, ET illustrée ! (Fait assez rare pour être précisé).
Ayant déjà expérimenté le talent d'Anthelme Hauchecorne, j'ai préféré tourner autour de l'histoire avant de m'y plonger à corps perdu. Comme dans ses précédents ouvrages celui-ci commence par une citation choisie qui nous fait doucement glisser dans le bain et se conclut par une page de remerciements imagée, une présentation de l'auteur ainsi que des illustrateurs.
Parlons un instant de ces derniers: leur art fait parti intégrante du processus de narration . Leurs dessins sont tels le sertissage d'une pierre précieuse, la mettant ainsi en valeur: les gravures de Loïc Canavaggia et Mathieu Coudray font simplement briller de mille feux cet ouvrage et l'histoire qu'il contient.
Une dernière chose enfin avant de rentrer dans le vif du sujet, les droits du roman sont reversés à l'UNICEF. Les belles actions se passent de louange.

Le Carnaval aux corbeaux est un nouveau jalon sur le sentier de la reconnaissance du talent de son auteur. Une maitrise rare au service du conte mérite qu'on s'y attarde avec méticulosité.
Ho ! Et n'ayez crainte d'être déçu après avoir entendu tant d'éloges car mes pauvres capacités d'écriture sont bien en deça de la vérité.
Le design intérieur permet de casser au moment opportun le visuel des chapitres et ainsi renouveller l'insatiable curiosité du lecteur. Qui-a-t'il d'inscrit sur ce parchemin ? Que se cache-t'il donc derrière cette image pleine page ?
La mécanique d'écriture ensuite, avec son alternance classique des personnages mais sur un nombre étrangement court de lignes, permettant à son leur auteur de se jouer de la chronologie de son aventure.
Et pour finir la forme; la musicalité, les rimes et la poésie dont fait preuve Anthelme à chaque instant font de chaque phrase un délice pour vos mirettes.

A mettre entre toutes les mains, grandes et petites, pourvues de griffes ou de tentacules !

Bérenger

Punk's not dead - Anthelme Hauchecorne

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Ce qui nous attend:
"Soyez réalistes. Exigez l'impossible" clame le résumé en 4e de couverture.
Entre Apocalypse zombiesque, Révolution française 2.0, démons, dragons et gentleman nano-infesté, ce nouveau recueil promet un vaste programme.
Treize nouvelles et autant de sujets graves traité avec un sérieux fantastique: nos neurones ne vont pas s'étioler.

Compte-rendu d'autopsie:
La 2e fois cela passe d'un accident à une routine:
-La première de couv' a un petit coté enfantin et le texte de la 4e nous affame de découvrir ce que ce livre contient.
-On recommence par la fin ?
-Pour ce recueil, les droits filent direct dans la caisse des Bergers des mers (Sea Sheperd).
-Itou pour l'épitaphe bien faisandé qui nous confirme le ton du cer(barré)recueil habilement suggéré par la 4e (de couv', vous suivez ?).
-Des remerciements somme toute assez classique avec encore une fois de nombreuses références à des groupes (dont seul Stupeflip et Trust me sont connus) et quatre citations "Punk" donnant un peu de profondeur aux textes que nous n'allons plus tarder (promis) à découvrir.
...
Je n'ai rien oublié ? Ha si ! Ce qui vous sautera aux yeux en premier: les dessins, que dis-jes, les magnifiques illustrations de Loïc Canavaggia qui retranscrivent très bien l'ambiance des nouvelles. Sublimes.

Allez, maintenant c'est parti ! J'me crache dans les mains et j'déterre le morceau...

Décembre aux cendres: Revisiter le mythe de Prométhée et en découvrir les implications étonnantes, voici le défi de cette première nouvelle.
CFDT: donnera surement de drôles d'idées rigolotes à tous Maitre du Jeu en panne d'inspiration.
Sale petite peste: est très touchant.
Les gentlemans à manivelle: sert de drolissime intro steampunk à une réflexion 'Bakstages' ne laissant pas indiférent.
De profundis: des Dragons ! Et en plus ça tient la route.
La ballade d'Abrahel: un conte lorrain datant de 1581 remis au goût du jour ? Passion, jurons et démons; rêves, cauchemards et illusions: 5 âmes prises dans le tourment de leurs actions. Sous nos yeux, peut-être, la levé du voile.
Le roi d'automne: quel pervers plaisir que de retrouver les tortueux boves* et leurs non moins sombres Daed's. Une dose de rappel pour nous faire replonger dans l'abîme du manque et de l'attente: pour quand le 2e volume du Sidh ?!
*: souterrains (patois Picard)

Punk's not dead fait honneur à son titre: c'est un livre vivant, de ceux qu'on écorne à trimballer partout, qu'on lit et qu'on relit, qu'on annote et qu'on partage.
Rempli d'histoires intriguantes misent en exergue par de belles illustrations.
En plus d'être un excellent divertissement, les réflexions 'Backstages' de l'auteur viennent injecter un stimulant simulacre de vie à tout ce patchwork macabre.
De quoi nous faire patienter jusqu'au prochain méfait de Mr. Hauchecorne ! (Le carnaval des corbeaux en 2014 ?)

Soyons impossible, exigons Punk's not dead.

P.S: Si toutes les nouvelles n'aparaissent pas dans ce rapport, c'est qu'elles ne me semblaient pas d'un niveau aussi excellent que celles citées. Mais rassurez-vous, cela ne les fait en rien démériter!
Avec un niveau d'excellence aussi haut, il est humain (et rassurant) que certaines histoires m'aient moins plu que d'autres.

Bérenger

Âmes de verre - Anthelme Hauchecorne

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Avant de faire le premier pas:

De pierre et aigri.
Voilà l'état de coeur et d'esprit avec lesquels j'ai pris ce roman entre mes mains.
"Encore une histoire avec deux mondes, l'un visible par des être magiques et l'autre, celui dans lequel nous vivons tous les jours" me suis-je dit.
"Une punk et un professeur" c'est du copier-coller de ce polar là.... Millenium.
Le synopsis en 4e de couv' me semble d'ailleurs plutôt commun à ce genre d'histoire.
Et puis je regarde la couverture de Pascal Quidault.
...
Magnifique.
Subitement, je cherche à trouver le maximum d'information sur l'auteur. Je file donc de suite à la fin du livre pour trouver les pages de remerciements.
Et là !
Premièrement, les droits sont réservés pour soutenir l'association Bardet-Biedl Syndrome qui soutient la lutte contre cette maladie orpheline.
Cela en fait un ouvrage généreux. Pas encore bon (coeur de pierre vous vous rappelez ?), mais généreux.
La "Biographie" de l'auteur est pleine d'humour tout en restant poignante et ses remerciements sont exhaustifs.
Quelques référence musicales (dont seul Gojira m'est connue, et encore, de loin) me portent à croire que la musique aura un fort impact sur la rédaction.
Je prends enfin le livre dans le bon sens et l'ouvre. Je tombe alors sur quelques citations qui m'inspirent énormément.
Ce genre de sensation qui vous gonfle la poitrine et vous permet de vous lancer dans n'importes quelles aventures !
Ayant serré mes proches dans mes bras, comme conseillé par mon pourvoyeur d'En-Deçà, je vous laisse et entame ma descente...


Entrons dans la danse...

Dans un monde où les Streums rôdent en quête d'une âme à briser, seul les Eveillés ont le pouvoir de protéger les Dormeurs.
Oserez-vous suivre une punkette adepte de la violence gratuite et un professeur brisé par la vie dans leur enquête sur un mystérieux serial-killer ?
Qui est ce terrifiant Marchand de Sable qui semble vouloir réunir les fragments du Requiem du Dehors, et qu'espère-t-il en retirer ?
Vous souhaitez des réponses ? N'hésitez pas ! Mais attention, une fois le voyage entamé, de revenir sur vos pas vous n'aurez plus la possibilité...


... Et sortons-en essouflés:


Bien.
Par où commencer ?
J'ai tellement apprécié ce livre que mes mots s'emmêlent quand j'essaie d'en faire l'éloge.
Etant par bien des aspects plus Colombe que Chasseur, je développerai scientifiquement mon propos. En espérant que la froideur de ma logique atténuera un tant sois peu l'ardeur de la passion qui m'anime tandis que j'écris ces quelques lignes.
Ce roman à trois voix permet d'établir une tête de pont dans le monde de l'En-Deçà. Chacune a sa manière de nous faire découvrir l'univers de ces âmes de verre, renouvellant sans cessse notre intérêt et nos questionnements.
De plus, certaines coupures didactiques nous proposent un approfondissement des connaissances accumulées tant sur le monde des Eveillés que des rapports qu'ils ont entre eux.
Enfin, les illustrations de Pascal Quidault (encore lui !) sont très réussies et participent pour beaucoup à l'ambiance glauque qui transpire des lignes.
Voilà qui clôt le paragraphe architecture. J'attaque maintenant la matière dont cet édifice a été extrait.
Aïe !
Le Chasseur en moi reprend le dessus. Tant que je le peut encore, je tiens à m'excuser par avance pour ses propos décousus et son ton éxagérément familier.
...
Cette histoire est énorme ! ouaip', tellement qu'elle se faufile recta dans un tome 2. C'que l'aut' monsue dégoisait sur le duo déjà-vu punkette-professeur ? Bullshit ! Il s'est fouré le doigt dans l'ouil jusqu'au coude si j'peux m'permettre.
Des rebondissement et des surprises, voilà ce qui vous attend à chaque coin d'égout crado. mais j'veux pas vendre la mèche rapport à c'qu'au final c'est une enquête en fait !
Bon, j'avoue qu'au début sa piétine un brin... Mais ça s'rait trop facile sinon, hein ?
...
Hum, je suis vraiment navré de "son" intervention.
Pour terminer, je dirai qu'Âmes de verre est une excellente surprise. Ce roman d'Anthelme Hauchecorne ravira les lecteurs parfois blasés de lire tout le temps la même chose. De plus, il permet de jeter un pont entre roman policier et fantastique.
Une réussite.

Bérenger