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Contrepoint - Laurent Gidon

contrepoint.jpgLe concept:
Ecrire une histoire dans laquelle il n'y a ni guerre, ni violence, ni conflit.
9 auteurs, 9 nouvelles qui s'efforceront de répondre à cette question:
Est-ce seulement possible ?

Le résultat:
Petit recueil sans prétention aucune si ce n'est celle avouée de nous divertir par la curiosité puis l'étonnement.
Curiosité du parti pris: sans conflit que reste-t'il d'intéressant à raconter ?
Et étonnement face aux textes proposés.
Certain trouveront cela ennuyeux voir 'plan-plan' et se demanderont où est le souffle épique des grandes aventures, celui qui attise nos sentiments et nous donne envie de croquer la vie ?
Je vous rassure, il est bien présent. Mais plutôt sous la forme d'un baume apaisant nos craintes et nos angoisses.
Allez, vous pouvez bien sourire mais même une vie simple est agréable à vivre.
Et c'est cela que Contrepoint nous rappelle (ou nous propose): on peut très bien se construire autrement qu'à travers l'opposition.
Mon coup de coeur revient à Semaine utopique de Thomas Day. Ce texte jouissif n'aura de cesse de vous tirer les zygomatiques jusqu'à ce que vous ayez le sourire du Joker (mais sans le maquillage je vous rassure).

Bérenger

Dragon de glace - George R. R. Martin

dragondeglace.jpgUn soufle:
Des dragons pleins de couleurs, des sorcières pleines de secrets, des biscuits au fromage et des tableaux.
Quatres sujets, quatres histoires, quatres aventures qui n'attendent que vous pour vous y piéger.
Allez quoi ! Sautez le pas !
...
Auriez-vous peur ?

Une respiration:
Si j'ai pu croire, en commencant Dragon de glace, que ces histoires ne sortaient pas de l'ordinaire, j'en ai été d'autant plus marqué en le terminant.
En effet, si  "Le dragon de glace" et "Dans les contrées perdues" sont agréables à lire (malgré le respect des codes classiques, mais toujours efficace, de la fantasy) les deux autres nouvelles sont pour le moins surprenantes.
"L'homme en forme de poire" rendrait paranoïaque et fou n'importe qui. Cette terrible nouvelle est poignante et "Portrait de famille" vous prend aux tripes.
La tension augmentant continuellement jusqu'à son paroxysme.
Notre coeur y est d'ailleurs broyé.
De la Fantasy, du Fantastique, il ne manque que la Science-Fiction pour faire de ce livre un exemple classique de notre section S3F.

Bérenger

Le dernier chant d'Orphée - Robert Silverberg

ledernierchantdorphee.jpg

Court résumé:

Son chant charmait les animaux, les arbres et il faisait pleurer les pierres. D'ailleurs, même les sirènes ont chaviré en entendant sa voix. Lorsque son amour lui fut arraché, il descendit aux enfers armé de sa seul lyre afin d'arracher son Eurydice des griffes glaciales d'Hadès. Il se nomme Orphée, et voici son dernier chant.

Allons plus loin:

Plus habitué à la science-fiction, et récompensé plusieurs fois pour son œuvre, Robert Silverberg revisite cette fois le mythe d'Orphée. Une modernisation épique tant dans le style que dans l'action qui nous permet (honte à nous) de nous remémorer en une centaine de pages le destin tragique de cet amoureux solitaire.

Bérenger

D'une rive à l'autre - Mathieu Gaborit

dunerivealautre.jpgEn quelques mots:

On vous attend avant que le spectacle ne commence. Ne vous inquiétez pas, il n'est pas long. Vous êtes prêt ? Alors laissons maintenant la place aux conteurs qui vous ravirons ou vous ferons trembler d'effroi en vous narrant leurs histoires...

Pour être précis:

Ces pépites assemblées dans ce recueil, forment un véritable vitrail sur l'ensemble des mondes fantastiques inventés par Mathieu Gaborit. On y (re)trouve certaines figures connues de ses précédents cycles ou l'atmosphère de ses univers, magistralement condensés en quelques pages. Chacune des 8 nouvelles transpire un sentiment, une idée ou une ambiance particulière chère à l'auteur.

Mention spéciale pour « Mime », terriblement d'actualité et son ambiance qui est... étrangement poignante.

Bérenger

Skin trade - George R. R. Martin

skintrade.jpgPour résumer:

Une ville jadis au centre du monde, ensanglantée par une série de meutres atroces. Lui, un agent de recouvrement. Elle, une détective. Willie Flambeaux et Randi Wade croyaient bien connaître le labyrinthe des rues de cette cité décrépite, mais c'est dans les recoins les plus sombres de leurs propres passés qu'ils trouveront ce qu'ils cherchent. Là où se cachent leurs plus grandes peurs.


Plus en détail:

Oeuvre similaire à son héros: batârde. Trop longue pour une nouvelle et trop courte pour un roman, cette histoire à le mérite d'essayer d'accoupler Polar et Fantastique. Comme dans une nouvelle, les personnages sont croqués en quelques pages pour les principaux et quelques lignes pour les autres mais leur manque de profondeur empêche le lecteur de s'y attacher. Et donc de s'impliquer dans l'enquête.

L'enquête, parlons-en: le pitch est laché très vite (nouvelle oblige) et les maigres rebondissement téléphonés nous emportent vers une conclusion décevante. Décevante car apportée par le fantastique qui, de par sa nature, permet de tout expliquer. Martin ne se prive d'ailleurs pas de ce Deus Ex Machina pour conclure son histoire.

Si l'on salue l'exercice de style, je dois admettre que le résultat n'est pas au rendez-vous. On le lit, puis on l'oublie. Dommage.

Bérenger