Section SF Fantasy Fantastique

Le crépuscule des géants, Bernard Simonay

Le crepuscule des geants

Les yeux s'ouvrent:

Ayant recouvré sa mémoire millénaire, Astyan n'a plus qu'un but: découvrir ce qu'il est advenu du glorieux empire Atlante.

Mais le chemin est rude et l'océan dangereux. C'est pourtant sur la terre qu'il livrera son combat le plus âpre: pour sa liberté et contre le fanatisme des hommes.

 

Et le corps s'active:

Découverte de l'univers dans le tome 1, retour "background" dans le 2e; ce troisième tome redémarre sur les chapeaux de roues, armé du savoir: de ce passé découvert dans l'Archipel du Soleil.

L'hsitoire est relancée et c'est tant mieux ! L'intrigue reste classique mais efficace et l'on suit la progression de notre héros: miroir du genre humain tout autant capable du pire comme du plus beau.

Une suite élégante qui nous amène efficacement vers le dernier tome.

 

Bérenger

Latium, Romain Lacuzeau

Latium 1

C'est une histoire banale:

Celle d'une princesse qui attend le retour de son chevalier servant . Le jour où elle reçoit un message semblant indiquer son arrivé, d'odieux barbares viennent la violenter. Un vieil ami bien disposé  viendra-t'il la secourir de cet assaut brutal ?

Pour être tout à fait honnète, il faut quand même préciser que  la princesse est en fait une intelligence artificielle immortelle, métamorphosée en immense nef de guerre interstellaire,et que son chevalier n'est autre que l'Homme qui a pourtant succombé des siècles auparavant à la mystérieuse Hécatombe. Ha ! Et les barbares font partis d'una race extraterrestre décidée à envahir et éradiquer ce qu'il reste du dominion humain.

 

Traitée avec brio:

Ce premier tome est comme un excellent film du temps où ces derniers ne durait pas plus d'une heure et demie. Je m'explique:

Une intrigue prenante permettant d'inclure tous types de public, des personnages attachants mais complexes et une force d'opposition franche mais retorse.

Une unité d'action avec juste ce qu'il faut de digressions pour la rendre crédible et allant de soi.

Une unité de temps qui nous permet d'envisager la longévité de dieux immortels à l'aune d'une aventure pourtant vécu par des créatures éphémères.

Autour d'une intrigue classique, Romain Lucazeau bâti un véritable univers propice à l'exploration et au questionnement: la volonté, le désir, les obligations, la construction d'une identité mais aussi le devoir, la morale et la mort d'un autre être pensant.

Sur fond de bataille spatiale dantesque et de destruction massive la vraie scène se trouve bien dans les tourments intérieurs des protagonistes de cette pièce futuriste au doux motifs antiques.

La capacité à décrire de façon claire un état d'esprit, une humeur ou encore une volonté d'agir n'est pas rare au sein d'une histoire. Y arriver en peu de mots, choisis et pertinents, voilà qui n'est pas commun ! Et c'est cette performance que Romain Lucazeau nous offre. Le fait que l'auteur soit agrégé de philosphie doit y être pour beaucoup mais rassurez-vous, son raisonnement et ses réflexions sont parfaitement accessibles et compréhensibles. il nous donne le mot parfait pour transcrire une pensée et cela met à notre portée la psychée robotique. C'est un véritable exercice de style qui transpire tout au long du récit.

 

Anecdote rigolote: n'hésitez pas à vous munir d'un dictionnaire ! En effet, les définitions exactes de certains termes employés vous permettront de profiter pleinement de l'expérience. Ca diversifie notre vocabulaire et nous permettra, peut-être, de battre papi et mamie au Scrabble !

Bérenger

Rites de sang, Glen Duncan

Ritesdesang

L'histoire commence:

Tallula s'est enfuie avec sa meute et vivote comme elle peut et Remshi est malade et dors depuis deux ans.

L'Eglise sort alors le grand jeu en dévoilant au monde l'existence des loup-garous et des vampires. Les Militi Christi entrent en guerre et l'extermination commence !

Traquées, ces deux races de prédateurs vont devoir unir leurs forces pour protéger leurs proches et sauver leurs vies...

 

Et les acteurs se mettent en scène:

Si le premier tome de cette trilogie "dynamitait le mythe du loup-garou" et le second se perdait dans une tentative malhabile de traduire la psychée d'une jeune mère névrosée; ce troisième ouvrage clôt cette histoire et il était temps !

Une alternance classique des personnages principaux; des personnages secondaires presque sortis de nulle part, placés là pour donner un semblant de profondeurs aux héros de cette banale histoire de "je t'aime, moi non plus". C'est d'autant plus dommageable que certains nouveaux personnages semblant bien plus intéressant ne font acte de présence que pour quelques paragraphes seulement !

Peu de rythme, peu d'intérêt et le sentiment insistant de déception car il y avait pourtant matière à produire un final au moins aussi "explosif" que le premier livre ! On nous fait miroiter des prophéties millénaires, des conflits mondiaux médiatico-religieux... Et rien !

A mon sens: une histoire qui s'essoufle, un énième roman "bit-lit" sur le thème "it's complicated".

 

Bérenger

Interview Daniel Sweren-Becker

Daniel Sweren-Becker est l'auteur de The Ones recemment paru aux Editions Hugo et Cie.

The Ones

Les "The Ones" sont des élus, des enfants quasi parfaits modifiés génétiquement. Lorsqu'ils deviennent hors-la-loi, la révolte gronde...

En partenariat avec les Editions Hugo et Cie, Polars Addict a pu réaliser une interview par email de l'auteur.

DSB interview

Polars Addict : Quelles sont vos lectures préférées ?
Daniel Sweren-Becker : Lonesome Dove, La Route, Les Cendres d’Angela, La 25ème heure, Anna Karénine, Non Coupable, Shoeless Joe, Les Outsiders, Hatchet, pour qui sonne le glas.

PA : Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire ?
DSB : J’ai toujours aimé lire. J’ai été majeur de promotion en Littérature anglaise à l’université. J’ai également toujours adoré le cinéma, et j’ai convaincu la fac de me laisser écrire un scenario pour ma thèse. Je suis tombé amoureux de cet exercice, peut-être car il est très centré autour de la parole (je suis né et j’ai toujours vécu à New York, une ville où les gens sont bavards !). Ces premiers scenarii m’ont permis d’accéder à une carrière dans le milieu de la télé. D’ailleurs, The Ones a initialement été conçu comme un scenario de série télé. Heureusement que j’ai rencontré des personnes intelligentes qui m’ont convaincu qu’il fallait en faire un livre ! Et c’est ainsi que je suis devenu romancier.

PA : Quelles sont vos principales sources d'inspirations pour The Ones ?
DSB : J’ai lu un article dans Le New Yorker sur les modifications génétiques, et quand j’ai appris que chaque pays dans le monde possédait des lois différentes sur le sujet, j’en ai été complément retourné ! Cele me paraissait évident qu’une absence de coordination pourrait mener à de terribles conséquences. J’ai donc tout de suite voulu trouver un moyen d’en créer une histoire pour y faire réfléchir.

PA : En quoi votre histoire se démarque-t'elle d’œuvres comme "Les Brillants" de Marcus Sakey, "La nuit des enfants rois" de Bernard Lenteric (The Prodigies in English) ou plus simplement des questions d'intégration et de tolérance comme celle qui définissent la saga "X-men" des comics Marvel ?
DSB : Je ne connais pas bien ces références, et je ne suis pas un grand lecteur de comics, mais je commence à m’y intéresser. Je sais qu’il existe une grande tradition dans la littérature sur l’oppression allégorique. C’est vraiment un aspect que je voulais intégrer à mon livre, et tout particulièrement une problématique où le meilleur choix n’est pas une évidence. En fait, je pense que je suis obsédé par l’idée d’équité. Et les modifications génétiques me fascinent car je ne trouve pas de façon équitable de les mettre en application.  

PA : Pour celles et ceux qui liront votre livre dès ça sortie le 6 Octobre, auriez-vous un conseil de lecture ? Une pensée à garder en arrière plan ?
DSB : J’espère sincèrement que les lecteurs vont faire le rapprochement entre les événements du livre et ce que l’on rencontre aujourd’hui dans notre monde. Je pense que ce texte pose une question importante : préfère-t-on un monde libre ou un monde juste ? Et je peux vous dire que je n’ai toujours pas répondu à cette question moi-même. En fait, je pense qu’il n’existe pas une seule bonne et juste réponse. Mais je pense également que les méthodes que nous utilisons pour trouver un compromis entre le libre et le juste est une priorité pour notre monde. 

PA : Avez-vous des nouveaux projets ? Si oui, vers quels domaines s'orientent-ils ?
DSB : Je travaille actuellement sur deux projets très stimulants. L’un est une série télé qui explore l’obsession de notre société pour les médias, et les conséquences catastrophiques que cela peut engendrer. L’autre est un nouveau livre où le héros se retrouve au centre d’une grande conspiration médicale. Et bien sûr, je suis également en train de finir d’écrire le tome 2 de The Ones, et qui paraîtra à la rentrée prochaine. Son titre est The Equals. 

Polars Addict remercie l'auteur de s'être prêté au jeu et aux éditions Hugo et Cie pour la mise en relation.
Bérenger et Clément.
 

La 25e heure, et, Le chrysanthème noir - Feldrik Rivat

La25eheure

Les drames arrivent:

En cette fin d'année 1888, les parisiens sont dubitatifs concernant cette fameuse tour du non moins fameux monsieur Eiffel et son importance pour la future exposition universelle. Car le bon peuple de Paris se préoccupe bien plus de cette étrange rumeur qui circule: les morts disparaissent, réapparaissent et surtout ils se mettent à parler !

"Plaisanteries" pour le préfet de police face aux journalistes, il n'en dépêche pas moins son plus fin limier sur cette affaire. Et il aura fort à faire face à une fleur noire comme la mort qui propose aux forces vives de la nation un bien étrange marché...
Lechrysanthemenoir

Et des enquêtes s'ouvrent:

Avec la pratique vient l'expérience et donc le début du long chemin qui mène à l'excellence.

Là où son oeuvre précédente (La trilogie des Kerns) pouvait apparaitre comme une version adaptée de différentes histoires faisant référence dans le milieu de la Fantasy, La 25e heure se démarque par un univers moins fantasy mais bien plus propice à susciter l'intérêt et la curiosité. La Belle Epoque: avec ses dames apprétées bousculant les codes d'une société encore très masculine, et ses gentlemen qui n'hésitent pas à poser leurs haut de forme pour boxer ou se battre à la canne-épée; voilà une scène propice à une grande aventure !

Feldrik maintient dans ses deux enquêtes un rythme dément: comme une boule de nerf qui ne cesserait de croitre jusqu'à nous étouffer de n'en plus pouvoir d'attendre le mot de la fin ! L'auteur distille avec un art consommé les quelques miettes d'informations qui nous permettent de reprendre à notre compte cette fantastique (c'est le cas de le dire) enquête un brin sybilline. Les pièces viendront se mettre en place suivant l'allure ce celui (ou celle) qui semble mener la partie.

Les personnages sont singuliers et attachant et l'on se surprend à en demander plus quant à leur histoire personnelle et leurs motivations: informations que le narrateur nous livre au compte-goutte à l'instant adéquat.

L'écriture est toujours aussi plaisante à parcourir, compromis professionnel entre détails participants à l'ambiance et concision de celui qui a vraiement des choses à raconter.

Ces deux enquêtes de La 25e heure raconte une excellente histoire digne de Rocambole: action, romance et mystère !

 

Bérenger