Qiu Xiaolong

Visa pour Shanghai

Avant-goût :

Poète mais avant tout inspecteur principal et étoile montante de la police de Shanghai, Chen se voit confier une mission de la plus haute importance politique, il doit, avec l'aide de la jolie inspectrice fédérale américaine Rohn, retrouver la trace de Wen et la ramener absolument aux Etats-Unis... Mais les triades chinoises et la police chinoise locale font tout pour leur mettre des bâtons dans les roues ...

Critique :

Cette enquête a un fort parfum de Chine, on découvre avec plaisir de multiples proverbes chinois ainsi que de nombreux poèmes. Ce qui donne à cette enquête une certaine dose de romantisme entretenu par les relations complexes entre l'inspecteur principal Chen et l'inspecteur Rohn. Par ailleurs, au gré des voyages à l'intérieur du pays, on en apprend un maximum sur les triades, sur la nourriture typique, sur les distractions des chinois ainsi que tout ce qui concerne la politique du pays. C'est-à-dire le contrôle des naissances, la révolution culturelle, la rééducation des "jeunes instruits", l'influence qu'a eu Mao etc. Ces éléments font que cette lecture est très enrichissante sur la Chine mais là où le bat blesse c'est au niveau de l'intrigue. Celle-ci passe finalement au second plan, elle reste relativement compliquée et pas vraiment passionnante, sentiment renforcé par l'absence de rythme. Vraiment dommage.

Malgré un contexte très instructif, l'intrigue n'est pas à la hauteur, c'est une vraie déception de ce côté-là.

Note : 2  étoiles


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Encres de Chine

Avant-goût :

Yue, ancienne garde rouge et auteur d'un ouvrage controversé sur la révolution culturelle , est retrouvée morte dans sa tingzijian dans le shikumen... L'inspecteur Yu ainsi que l'inspecteur principal Chen enquêtent...

Critique :

L'intrigue de "Encres de Chine" n'est vraiment pas importante et finalement peu exploitée mais elle ne sert que de prétexte à la peinture de la Chine d'hier et d'aujourd'hui que nous propose Qiu Xiaolong.

En effet la clé de voûte du livre est la Révolution Culturelle avec l'aspect gardes rouges ainsi que la fameuse rééducation des jeunes instruits (en un mot, les étudiants étaient obligés de retourner à la campagne pour apprendre le dur labeur des champs, la vraie signification du mot travail). Les habitants du shikumen (habitation du XIXeme siècle typique de Shangaï disposant d'une cour intérieure où peuvent vivre une dizaine de familles) ont tous une vision différente de cette soi-disante Révolution Culturelle et de son impact négatif sur la société Chinoise.

Qiu Xiaolong nous montre aussi cette société en pleine mutation où le socialisme laisse place peu à peu au capitalisme, où les restaurants d'Etat ne peuvent faire face à la concurrence des restaurants privés, où tout est fait pour montrer à l'Occident une bonne image de la Chine et éviter à tout prix les scandales politiques, où la crise du logement est impressionnante avec certaines familles vivant à près d'une demi-douzaine dans une pièce minuscule, etc.

Voilà qui nous amène à une autre facette très réussie du livre : les personnages. Tout d'abord Qiu Xiaolong met en avant l'inspecteur Yu et sa femme Peiqin qui souffrent eux aussi de partager une seule pièce avec leur fils Qinqin, ensuite vient l'inspecteur principal Chen qui préfère faire une traduction lucrative pour un nouveau riche et qui voit que grâce à des relations bien placés on peut tout avoir notamment une jolie secrétaire particulière (une xiaomi) prénommée Nuage Blanc et ainsi être corrompu. D'autre part Chen illustre parfaitement un autre problème chinois : la difficulté de trouver l'amour dans une ville surpeuplée où finalement la seule consolation réside dans le travail.

Il ne faut pas non plus oublier le personnage du poète Yang, le grand amour de Yue (la femme assassinée) qui nous amène à considérer la dimension poétique du livre. Il faut d'abord savoir que Qiu Xiaolong a émigré aux Etats-Unis grâce à ses études, notamment celle sur le poète américain T.S. Eliot, donc il n'est pas étonnant de voir des poèmes tout au long du roman, l'inspecteur principal Chen étant aussi poète à ses heures perdues. La gastronomie chinoise n'est pas en reste avec de nombreuses incursions dans les restaurants dont les mets sont aussi intriguants qu'alléchants.

Au final "Encres de Chine" est un excellent roman pour celui qui s'intéresse à la culture chinoise mais décevant pour celui qui cherche là un thriller palpitant.

Note : 4 étoiles


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Avant-goût :

L'inspecteur Chen se retrouve un peu par hasard en vacances dans un centre reservé aux cadres du Parti. Alors qu'il profite du lac, il fait la rencontre d'une jeune ingénieur en développement durable au sein d'une entreprise qui déverse ses déchets dans le lac. Bientôt le directeur de celle-ci est découvert mort, assassiné. Chen devra mener l'enquête à couvert...

Critique :

Avec Les courants fourbes du lac Tai, Qiu Xiaolong nous plonge une nouvelle fois au coeur de la société chinoise contemporaine en utilisant une intrigue policière prétexte. L'ensemble est très agréable à lire, léger mais suffisamment intriguant pour maintenir un intérêt constant. Comme d'habitude, le récit est agrémenté de très nombreux poèmes et de descriptions alléchantes de 

Cette fois-ci le thème principal abordé est la pollution du lac Tai et même plus généralement la course à la croissance au détriment de toutes considérations environnementales. Qiu Xiaolong se désespère de l'état du lac et des faux-semblants constant des entreprises chinoises qui montrent par exemple des équipements perfectionnés de traitement des déchets lors des contrôles mais qui en réalité les désactivent en temps normal.

On retrouve avec plaisir l'inspecteur Chen qui essaye de conjuguer vacances avec romance et enquête discrête.

Au final, Qiu Xiaolong nous propose ce qu'il fait le mieux et c'est réussi. Un bon moment de lecture. 

Note : 4 étoiles

 

Dragon bleu, tigre blanc

Avant-goût :

Chen Cao n'est plus inspecteur principal ! Mis au placard par le chef du parti Li, il prend quelques jours de repos pour s'occuper de la tombe de son père mais bien vite on cherche à le pieger.

Chronique :

Qiu Xiaolong nous propose cette fois-ci un changement de situation audacieux. On sort du chemin habituel avec le duo de policiers Chen-Yu. Pour une fois, Chen Cao est hors du circuit habituel de la police shangaïenne. Pour une fois, Chen est la cible directe d'une machination. Outre ces particularités, on retrouve tout de même les caractériques familieres de l'ex-inspecteur : son goût très prononcé pour la poésie classique ainsi que pour les plaisirs de la nourriture chinoise. On a aussi le plaisir de retrouvé Yu ainsi que sa femme Peiqin qui j'ai l'impression prend une place de plus en plus importante au fil de la série.

Concernant l'intrigue, celle-ci est en bonne partie mystérieuse avec plusieurs fils différents qui ne finiront par se croiser qu'à la fin. Le contexte chinois est toujours aussi intéressant et dépaysant. On regrettera juste l'utilisation d'un pirate informatique pour résoudre l'énigme, une ficelle un peu trop grosse.

Au final on passe encore une fois un bon moment avec Qiu Xiaolong et son personnage fétiche Chen Cao. 

Note : 4 étoiles

 

Commentaires (3)

dujardin
  • 1. dujardin | 29/03/2014
Tout a fait d'accord avec vos observations, mais malgré tout c'est tellement dépaysant que l'on peut mettre l'intrigue au second plan : une plongée en Chine qui plus est par un auteur Chinois c'est assez rare.
Meg
  • 2. Meg | 22/06/2013
Toujours à la recherche de nouveauté , cet auteur me tente. Je vais essayer ce titre.
Meg
Brume
J'ai lu de cet auteur "Mort d'une héroïne rouge" et j'ai eu le même sentiment que toi à la lecture : très très intéressant sur le plan culturel mais décevant si on s'attend à lire un thriller. C'est un auteur que j'ai très envie d'approfondir et je note donc le titre de ce roman.

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