Sam Millar

Poussière tu seras

Avant-goût :

Jack est un flic irlandais en retraite anticipée, sa femme est morte dans un accident de voiture et son fils Adrian disparait subitement...

Chronique :

 Ce premier roman de Sam Millar est une vraie pépite noire. Les chapitres sont courts, et à l'image du style de l'auteur, incisifs. Chaque chapitre termine sur une note sombre sans pour autant verser dans l'excès, la surenchère. Le récit n'en a pas besoin, il est aussi implacable qu'impeccable.
En effet Sam Millar a choisi la concision, le juste-ce-qu'il-faut, pour créer cette atmosphère si moite, si sombre, si effrayante.
Les personnages sont terribles voire horrifiques mais tellement humains. Même si c'est l'humanité qu'on n'aime pas voir, celle dont on nie l'existence, pour dormir en paix...

Au final, on a là un véritable concentré de noirceur sur 300 courtes pages, percutant.

Note : 5 étoiles

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Redemption Factory

Avant-goût :

Paul Goodman, passionné de snooker, vient de décrocher un job dans un abattoir après un entretien avec le maître des lieux : le terrible Shrank.

Chronique :

Après "Poussière tu seras" qui avait pas mal secoué le monde du polar et reçu d'excellentes critiques, Sam Millar revient en France, toujours chez Fayard, avec (The) Redemption Factory, un roman noir rouge sang qui en laissera plus d'un KO.

Si le prologue reste énigmatique jusqu'aux derniers chapitres, le premier chapitre - l'entretien d'embauche dans l'abattoir - donne le ton. Coeurs tendres et estomacs fragiles s'abstenir ! Chez Sam Millar on ne badine pas lorsqu'il s'agit de saisir l'attention du lecteur. La suite du roman entraîne ce même lecteur dans un conte très noir avec des personnages irréels, des scènes angoissantes au milieu de la nature, des touches de légèreté autour d'une table de billard, de l'attrait pour ce qui nous repousse mais aussi, malgré tout, un peu d'amour.

Ce mélange fonctionne très bien jusqu'à la fin qui se révèle décevante, classique et sans panache. Globalement c'est ce lien avec le prologue qui apparait comme surfait, peu lié à l'ensemble et finalement se pose la question de sa nécessité dans ce récit qui n'en avait pas besoin.

Au final ce conte horrifique est un très bon divertissement dommage toutefois que la fin manque tant de panache.

Note : 3 étoiles

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The Dark Place

Avant-goût :

Le détective privé Karl Kane enquête sur le cas d'une jeune femme abusée sexuellement. Le coupable est vite identifié mais il apparait vite que la police fait exprès de détourner le regard.

Chronique :

Avec ce thriller noir, Sam Millar ne nous épargne rien. Ici, il ne s'agit pas de suggérer la violence mais de la montrer sans complaisance, sans en faire des tonnes et sans être gratuit. Le résultat est brut mais convaincant. Bien sûr, le roman devient moins grand public mais cela change des thrillers traditionnels.

Le rythme est endiablé avec un suspense très présent grâce à l'utilisation de phrases accrocheuses en fin de chapitre laissant présager le pire pour les personnages. Les dialogues sonnent justes et de nombreuses notes d'humour permettent de détendre l'atmosphère électrique du roman.

Au final, ce thriller noir est une réussite, violente mais qui ne laisse pas de marbre.

Note : 5 étoiles

The Dark Place

Dead of winter

Avant-goût :

Karl Kane trouve devant sa porte une main coupée. Bien malgré lui, il vient de mettre la main dans l'engrenage d'une histoire sordide.

Chronique :

Sam Millar revient avec le 3ème opus de sa série Karl Kane, l'inspecteur privé Irlandais qui n'a pas froid aux yeux. Ce court roman de moins de 300 pages reprend les éléments désormais habituels de la série.

On retrouve ainsi des dialogues qui sonnent juste avec de l'humour, du franc-parler et des insultes aussi. Ce sont de vrais dialogues qu'on pourrait entendre dans la vie réelle, pas des dialogues sophistiqués et littéraires de quinze lignes peu crédibles. On continue aussi de s'attacher pour le personnage un peu bourru de Karl Kane avec ses incartades avec son ennemi juré, sans oublier sa ravissante femme Naomi, très convaincante dans son rôle de protectrice du va-t-en-guerre Karl.

Toutefois l'intrigue est ici un peu en dessous des précédents livres, avec un petit manque de liant entre les différentes histoires. Il manque aussi un peu de consistance, Sam Millar étant très direct dans ses développements cela a pour résultat des chapitres vraiment très courts qui gagneraient à être étoffés.

Au final, le plaisir de lecture est toujours là malgré une intrigue moins percutante que d'habitude.

Note : 3 étoiles

Dead of winter - Sam Millar

On the brinks

Avant-goût :

Autobiographie sélective de Sam Millar où il relate les deux épisodes marquant de sa vie.

Chronique :

Sam Millar, avant de devenir écrivain, a vécu des histoires dignes d'un scénario hollywoodien. Avec de tels évènements, le témoignage par écrit était une évidence.

Le livre se décompose en deux grandes parties. La première se déroule en Irlande, pays natal de l'auteur, où il subit de plein fouet le conflit nord-irlandais opposant catholiques et protestants. La seconde bascule aux Etats-Unis avec un cambriolage d'un dépôt de la Brinks pour la modique somme de plusieurs millions de dollars.

L'ensemble est passionnant, et si la seconde partie - le casse - étonne par sa simplicité, la première frappe, percute le lecteur. Il est impossible de rester indifférent au récit de l'enfer de la prison de Long Kesh (The Maze, The H Blocks). Les faits relatés, peu connus en France, nous montrent que même dans un pays civilisé après les horreurs des guerres mondiales, on peut faire subir des tortures mentales et physiques à des hommes. Sam Millar entre dans le détail de la Révolte des Couvertures ("the dirty protest"), le quotidien des "blanket men" qui, malgré toutes les privations et exactions, font preuve d'une resistance hors du commun. Et même là, au coeur du pire, l'auteur introduit au bon moment un souvenir humoristique bienvenu.

La seconde partie, heureusement plus légère, nous montre comment à partir de quelques relations avec la communauté Irlandaise de New York on peut passer de croupier dans un casino à auteur d'un des plus gros cambriolage de l'histoire des Etats-Unis. Le lecteur n'aura pas tous les détails et les zones d'ombres, volontaires, ajoutent du mystère à cette histoire.

Au final, Sam Millar nous livre un double témoignage passionnant tout en gardant quelques cartes dans son jeu. A ne pas manquer.

Note : 5 étoiles

 

Commentaires (3)

eireann yvon
  • 1. eireann yvon (site web) | 19/09/2009
Salut,
je suis d'accord avec vous!!!!!!!La preuve :
http://eireann561.canalblog.com/archives/2009/06/21/14160932.html
A bientôt
Yvon
Sam Millar
Dear Clément
thank you for your thoughtful review of my book, Poussière tu seras. Very much appreciated.
Sam
Sam Millar
Claude Le Nocher
  • 3. Claude Le Nocher (site web) | 21/06/2009
Tu vois bien, mon cher Clément, que nous pouvons être d'accord sur la qualité d'un roman. Tu peux comparer avec ma chronique sur ce même livre : http://www.rayonpolar.com/Polars/Polars_texte.php?table=m&nom=MILLAR&prenom=Sam&titre=Poussi%E8re+tu+seras

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