Michaël Mention

Fils de Sam

Avant-goût :

Michaël Mention retrace l'histoire tumultueuse du tueur en série David Berkowitz surnommé "Fils de Sam".

Chronique :

Un problème commun avec les tueurs en série est la part de mystère qui les entourent. David Berkowitz n'échappe pas à la règle et participe à ce flou avec des déclarations contradictoires. De plus de nombreuses théories du complot émergent avec le temps. Il faut donc que l'auteur d'un livre sur le sujet sache en tenir compte et puisse présenter les faits dans leur exactitude.

A défaut d'obtenir une interview du tueur, à la manière d'un Stéphane Bourgoin, Michaël Mention s'attache à alterner une mise en contexte (politique, sociale, ...) avec des extraits de déclarations du "fils de Sam". L'ensemble se lit comme un thriller, très vite, et est très accrocheur du début à la fin.

Si la mise en perspective de l'époque est bien vue et apparait comme nécessaire, certains axes développés ont du mal à être raccrochés avec le récit principal. On notera tout de même la bonne idée d'inclure des illustrations (photos, lettres originales, ...) qui permettent de se mettre mieux dans l'ambiance de "l'été de Sam" en 1977. Une autre originalité, plus discutable, est le concept d'interview romancée : l'auteur a apparemment choisi de ne pas retranscrire mot à mot des interviews officielles mais plutôt de combiner les interviews pour en faire un récit. Si le résultat se lit extrêmement bien, un doute subsiste quand à la part de 'roman' dans le récit. Le procédé fait penser à l'émission de télévision "Faites entrer l'accusé".

Au final, cette histoire du "fils de Sam" est passionnante et propose un bon récapitulatif des faits et théories. 

Note : 4 étoiles

 

Jeudi Noir

Avant-goût :

1982 à Seville. France - RFA, demi-finale de la coupe du monde de football.

Chronique :

Pour ce court roman, Michaël Mention a choisi de réécrire, à la manière d'une fiction, l'histoire de ce match hors norme qui a tous les éléments d'un bon polar. Ce procédé n'est pas un coup d'essai pour l'auteur puisqu'il a déjà opéré de la même façon pour "Fils de Sam" utilisant les faits réels dans une construction romanesque. Ici la bonne idée et grande force de ce roman est de n'avoir pas choisi un narrateur omniscient mais plutôt un joueur fictif au milieu du terrain avec le camp français. Ce narrateur vit littéralement le match et embarque ainsi le lecteur avec lui avec pour partenaires Platini, Giresse et Batiston par exemple. Dans sa construction, le roman est plus classique avec une narration qui suit l'ordre chronologique du match. L'extrème tension est très bien rendue de même que les réactions exacerbées envers l'ennemi historique allemand. Les thématiques de la guerre et de la revanche sont bien évidemment exploitées, la RFA n'étant pas n'importe quel opposant. Aussi Michaël Mention, apparemment grand amateur de rock, a choisi d'introduire tous ces chapitres par un extrait de paroles des classiques du rock. Le procédé n'est pas toujours convaincant, un peu forcé parfois. De même, il est dommage que des notes de bas de page justificatives cassent le rythme du récit. Ce genre d'ouvrage repose sur un pacte entre l'auteur et le lecteur. L'auteur ne devrait pas avoir besoin de se justifier, dans le pire des cas quelques notes en fin de livre suffisent.

Au final Michaël Mention réussit son pari mais son roman ne s'addresse qu'à un public réduit. 

Note : 3 étoiles

Jeudi noir - Michaël Mention

Le carnaval des hyènes

Avant-goût :

Présentateur vedette du journal télévisé d'une grande chaine, Carl Belmeyer part en urgence au Libéria pour redorer l'image de la chaine, éclaboussée par un scandale. Il ne se doute pas une seconde dans quoi il s'embarque.

Chronique :

Dans ce roman noir rythmé Michaël Mention dézingue à tout va : journalistes, hommes politiques, omniprésence des médias, tout ce qui tourne de près ou de loin du monde de la télévision y prend pour son grade. La première partie montre ainsi les dessous d'un journal télévisé sous l'oeil très critique de l'auteur. On y trouve des faux-culs et des faux semblants, de la course à l'audimat et de l'empathie calculée. Michaël Mention va loin et s'il exagère c'est pour mieux dénoncer. Le roman va à deux cent à l'heure, impression renforcée par le petit nombre de pages (un peu plus de 200). Si l'intrigue dans sa globalité est totalement improbable, elle sert juste de caricature et inscrit véritablement ce livre en tant que roman noir et non pas en tant que thriller. Le style varie beaucoup, du traditionnel au novateur en passant par le cinématographique. On sent que l'auteur s'est fait plaisir autant dans l'écriture que dans le récit.

Au final Michaël Mention propose là un divertissement réussi avec une critique virulente.

Note : 4 étoiles

Le carnaval des hyènes - Michaël Mention

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