Stefan Mani

Noir Océan

Avant-goût :

Un cargo titanesque, une poignée d'hommes tout sauf propres sur eux, une mer déchainée et finalement un périple qui vire au cauchemar. Bienvenue à bord du Per Se, bienvenue en enfer...

Critique :

On connaissait l'auteur de polars Arnaldur Indridason pour représenter ce petit pays qu'est l'Islande et pour nous conter des enquêtes froides et mélancoliques. Stefan Mani est aussi Islandais sauf qu'il préfère la fureur au calme, le noir de la mort au blanc de la vie.

Il nous livre là un thriller noir en forme de violent uppercut. Un roman qui vous bouscule, vous retient le souffle et qui n'hésite pas à vous laisser K.O avec un goût de sang dans la bouche.

Dès les premières pages le ton est donné, l'auteur nous présente les différents personnages grâce à un procédé qu'on appelle "roman choral". Explications. On va suivre le destin de plusieurs hommes de manière séparée. Par exemple on suivra les actions du premier personnage depuis le lundi matin 8h jusqu'à 22h disons. Ensuite retour en arrière on s'attarde sur la même journée d'un second personnage et ainsi de suite. Une fois le tour des personnages réalisé on peut passer à la journée suivante.

Présenté ainsi le procédé peut paraître inélégant, redondant et soporifique. Quand c'est fait avec finesse comme avec Stefan Mani c'est une manière de raconter très puissante. Suivant le récit d'untel on comprendra certaines choses alors que le récit d'un autre va totalement chambouler notre perception des événements. La réussite vient aussi du fait que le récit est très dynamique, on jongle entre les récits très facilement et sans perdre le lecteur.

Après une phase d'introduction des personnages sur la terre ferme on embarque à bord du cargo en laissant sur l'île sa femme dans le congélateur, son destin dans les mains d'une femme, un pacte avec le Démon pour rembourser des dettes au casino, etc.

En marge de tous les problèmes personnels de chacun des personnages voici qu'un invité surprise se retrouve sur le bateau et que la compagnie maritime prépare le licenciement de l'ensemble de l'équipage... De quoi attiser les colères et provoquer une mutinerie non ?

Une fois au milieu de l'océan on est bien loin de "La croisière s'amuse" mais plus proche d'un "Alien" sauf qu'on ne sait pas d'où vient le danger qui guette les membres de l'équipage.

Au final on a là un thriller noir époustouflant mené d'une main de maître par Stefan Mani. Ne vous attendez pas à une fin heureuse...

Note : 4 étoiles

noir-ocean.jpg

Noir Karma

Avant-goût :

Stefan, jeune barman, entre peu à peu dans l'incroyable monde de la drogue Islandaise ...

Critique :

"Noir Karma", second roman traduit de Stefan Mani, est dans la même veine que "Noir Océan" qui s'était fait remarqué à l'époque de sa sortie. On retrouve des personnages déjantés capables du pire. Il ne faut pas commettre l'erreur d'oublier que la demesure, la caricature en somme, est ici volontaire et maîtrisée.

L'Islande décrite ici est bien loin de la paisible Islande d'Erlendur Indridason, c'est plutôt son opposée avec un déluge de violence et fureur. Le rythme est survolté et il faut s'accrocher pour bien suivre car Stefan Mani jongle avec le temps du récit.

L'intrigue a pour fil rouge l'ascencion de Stefan, un jeune homme naïf et influençable, qui se fait embarquer dans une histoire qu'il aurait bien évité. Cependant cette intrigue ne justifie pas les 550 pages du roman qui s'essoufle par endroits et qui perd de son percutant lorsque le lecteur se demande où l'auteur veut en venir.

Le style n'est pas marquant mais on voit que Stefan Mani a fait des recherches poussées sur le monde du traffic de drogue car les produits, procédés et méthodes de vente ont l'air franchement crédibles.

Au final ce roman aux amphétamines est assez bien réussi mais il aurait gagné à perdre 150 pages pour être meilleur.

Note : 3 étoiles

noir-karma.jpg

Commentaires (1)

Yspaddaden
Il y avait bien quelques longueurs dans le premier roman aussi, mais j'ai trouvé la narration très bien maîtrisée, de même que la montée de la tension dramatique.

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau