Larsson, Stieg

L'auteur de la fameuse trilogie Millénium

Larsson, Stieg

Millénium 1 4 étoiles

Millénium 2 3 étoiles

Millénium 3 1 étoile

Analyse de la trilogie

Millénium 1 : Les hommes qui n'aimaient pas les femmes

Avant-goût :

Michael Blomkvist est un journaliste d'investigation réputé jusqu'au jour où il perd un procès pour diffamation, il quitte donc la direction de la revue Millénium. Un ancien grand directeur industriel le contacte alors pour mener une enquête sur la disparition d'une de ses nièces, quarante ans auparavant... De son côté Lisbeth Salander, femme pour le moins atypique, effectue des recherches sur des personnes. Au détour d'une recherche elle croisera alors Michael et l'aidera dans sa tâche très ardue...

A propos :

"Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" est le 1er tome de la trilogie Millénium de Stieg Larsson, véritable phénomène littéraire.

Critique :

Lorsqu'on commence une trilogie, il est nécessaire de "poser" les personnages. La particularité de cet opus est qu'il en comporte un nombre fou. La présentation de cette galerie est intéressante, les personnages étant très fouillés et leurs relations entre eux très compliquées. Il en résulte qu'il faut passer le cap des 200 pages pour ce sortir de cette présentation et rentrer vraiment dans le coeur de l'intrigue. Voilà le principal reproche que je fais à ce premier tome. Il ne faut pas non plus parler d'une seule intrigue, on retrouve plusieurs intrigues, quelles soient sentimentales ou policières. La construction du livre n'en est que meilleure, on suit avec avidité les différentes intrigues qui ne sont pas aussi simples qu'elles le paraissent. Stieg Larsson est un écrivain suédois, et comme souvent pour les écrivains nordiques, le rythme est plutôt lent, mais ici cela ne gêne pas du tout, surtout au vu du nombre de personnages, c'est même bénéfique puisque le lecteur n'est pas perdu. Un point à souligner qui explique la popularité de la trilogie est le fait qu'on peut classer ce polar de "tout public", ici les méchants sont retors mais le lecteur n'est jamais confronté directement à un meurtre ou à une autopsie par exemple. Quant à la conclusion, elle est tout aussi réussie que le reste et elle laisse plusieurs pistes pour le second tome "La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette".

En prenant en compte le fait que "les hommes qui n'aimaient pas les femmes" est le 1er d'une trilogie, on pardonne aisément le long démarrage, surtout que le reste est très agréable à lire.

Note : 4  étoiles


hommes-qui.jpg

Millénium 2 : La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette

Avant-goût :

On retrouve Lisbeth Salander qui coule des jours heureux aux caraïbes tandis que Michael Blomkvist est à bloc pour la sortie d'un numéro de Millénium sur le réseau de prostituées de l'Est en Suède. Mais quand les meurtres se succèdent, le chemin de Michael croise inévitablement celui de Lisbeth ...

Critique :

Ce deuxième tome était plutôt prometteur, puisqu'il évitait déjà une longue présentation des personnages, donc l'intrigue aurait dû gagner en rythme. Assez bizarrement ce n'est pas le cas car il faut encore 200 pages pour entrer dans l'intrigue, les événements de ces 200 pages sont toutefois intéressants et plutôt centrés sur la vie de Lisbeth que l'on découvre alors totalement et sous diverses facettes étonnantes. Une fois ce fameux cap dépassé le rythme s'accélère enfin, Lisbeth se retrouve dans la tourmente et Michael se retrouve encore à jouer les justiciers. A ce moment là on voit le talent de Stieg Larsson qui nous promène de rebondissements en rebondissements avec toujours quelques inconnues pour toujours susciter l'intérêt du lecteur. Le nombre de personnages est moindre que dans le premier tome, on s'attache donc encore plus à ceux qui restent. Malgré ces points positifs "la fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette" est une déception. La dernière partie du livre est bâclée, surement pour donner envie de lire le troisième tome de la trilogie. Hélas, cette fin est très peu crédible, outre les coups de chance extraordinaires, les méchants sont de mauvaises caricatures... On n'évite pas la scène finale où les méchants professionnels du meurtre n'arrivent pas à ce débarrasser du héros, qui finit victorieux. On se croirait dans un film hollywoodien avec une happy end vite coupée pour que le lecteur se jette sur le troisième tome de la trilogie.

Ce deuxième volet de la trilogie Millénium comme lentement puis devient convaincant dans sa seconde partie pour finir par être vraiment décevante quand arrive la conclusion. Un vrai soufflé dont le personnage complexe et original de Lisbeth Salander ne parvient pas à sauver...

Note : 3  étoiles


La-fille-qui.jpg

Millénium 3 : La reine dans le palais des courants d'air

Aucun avant-goût pour ne pas gâcher la lecture des 2 premiers tomes...

Critique :

Après un second volet décevant pour sa fin bâclée et trop rapide, j'attendais le troisième opus au tournant. Et bien ce que je retiens le plus c'est "350 pages", 350 pages pour que démarre l'intrigue... C'est long très long. Stieg Larsson avait laissé les lecteurs sur leur faim avec la fin de millénium 2, peut-être pour les amener à se ruer sur le dernier tome de la trilogie. C'est donc pendant ces 350 premières pages qu'il finit le tome 2, il ne se passe pratiquement rien et les pages documentaires se succèdent parce que l'auteur n'a pas su caser ses explications sous une autre forme qu'une histoire longue d'une quinzaine de pages, histoire relative à la Säpo. Après ces 350 pages le roman s'ébroue un peu et prend petit à petit de la vitesse mais avec toujours beaucoup de longueurs et d'histoires annexes qui au final ne font pas avancer le schmilblick. Il reste quoi alors dans ce millénium? Les personnages, qui sont bons dans l'ensemble et pas trop caricaturaux, Michael Blomkvist est égal à lui-même, c'est-à-dire toujours aussi volage et prêt à sortir une bombe médiatique; et Lisbeth Salander se renferme dans sa bulle pour n'y sortir qu'à la fin pour régler ses comptes. La fin frise le tout est bien qui finit bien, les méchants sont soit morts soit en prison, et les gentils n'ont plus de soucis. Je caricature un peu mais l'idée est là.

Au final, ce troisième tome repose entièrement sur l'intrigue commencée par le second, donc forcément le suspense n'est pas au rendez-vous. Le tout est très poussif et il ne reste plus rien pour empêcher la barque de couler...

Note : 1  étoile


reine-palais-courant-air.jpg

Analyse de la trilogie

La trilogie Millénium a fait couler beaucoup d'encre et a surtout généré énormément d'argent. Loin de moi l'idée de vouloir casser cette trilogie juste parce qu'elle a eu du succès. Le succès n'est pas dérangeant puisqu'il participe à la promotion du polar. Toutefois cette trilogie est très inégale et malheureusement elle commence par être excellente pour devenir médiocre. Le premier tome est de loin le plus réussi, l'équilibre entre les intrigues est parfait, les personnages sont attachants, à part les longueurs du début il n'y a rien à jeter. Tout le contraire du troisième tome dans lequel seul les personnages sont bons. Le deuxième tome est très bon si l'on excepte la fin très rocambolesque et si peu crédible.

Voilà le principal attrait de cette trilogie : les personnages. La plupart sont atypiques et/ou complètement débridés. Stieg Larsson n'hésite pas à faire intervenir des lesbiennes, des amants respectés par le mari, des coureurs de jupons etc. Le premier personnage principal est Michael Blomkvist, un journaliste intelligent et séducteur et qui a la fâcheuse tendance à jouer les justiciers. L'autre personnage marquant est Lisbeth Salander, à la personnalité vraiment étrange, dont les voiles sur sa vie sont levés au fil des tomes, c'est vraiment un des personnages les plus originaux et complexes que j'ai lu.

Les intrigues sont multiples et parfois trop, puisque certaines histoires annexes n'apportent pas grand-chose au final si ce n'est qu'elles font des pages en plus. Les intrigues policières des deux premiers tomes sont bonnes sans être vraiment originale, tandis que l'intrigue du dernier opus est inexistante.

Le style de Stieg Larsson est agréable à lire et ne manque pas de précision quand il s'agit de détailler la structure d'un journal, des systèmes de sécurité ou encore des réseaux informatiques. Mais il manque cruellement de concision et a tendance à faire trainer les actions en longueurs inutiles. Une coupe d'environ 200 pages par livre auraient renforcé le rythme sans trop nuire à l'intrigue.

Finalement cette trilogie est de bonne facture même si le troisième tome est beaucoup trop poussif et creux. Je conseille donc de ne lire que le premier tome pour ne pas être déçu par la suite qui gâche tout le potentiel mis en place.


Navigation : Auteurs populaires

Navigation : Auteurs nordiques

Navigation : Auteurs de romans noir

Commentaires (4)

Dubitatif
  • 1. Dubitatif | 25/11/2011
Après avoir lu les 2 premiers volumes, et entamant la lecture du dernier, mes sentiments sont mitigés:
- d'une façon générale il n'y a pas là un écrivain, même de polars.
- lecture agréable, intrigue à l'américaine, efficace, peu réaliste, mais dont il ne reste pas grand chose.
- le tome 2 me semble plus prenant que le 1er.
Brume
Je conseille aussi de ne lire que les deux premiers qui sont de bonnes facture et plutôt captivants (mais loin du chef d'oeuvre que l'on m'avait promis). Le troisième tome a été très fastidieux à lire et je me suis souvent ennuyée. Dommage.
Lisbeth
  • 3. Lisbeth | 13/10/2008
Parution le 15 octobre 2008 d'une enquête sur Millénium aux éditions du Toucan. Le Mystère du quatrième manuscrit par Guillaume Lebeau.
mary
bonjour et merci pour ces critiques que je partage pour les deux premiers livres. Mon ami partage également le vôtre pour le troisième volet qu'il a lu avant moi et en fin de compte, je ne sais plus si j'ai envie de le lire...il est vrai que la foule d'informations qui n'apportent pas vraiment à la compréhension de l'intrigue nuit à la qualité du récit
cordialement
mary

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau