Jesse Kellerman

Les Visages

Avant-goût :

Etre un galeriste reconnu de New York est une belle réussite mais peu devenir lassant... Et puis vient le jour où l'on tombe sur la pépite, le génie, l'artiste qui chamboule tout et vous plonge dans une sorte d'enquête sur le passé...

Critique :

Signalons-le d'emblée, "Les Visages" est un "thriller" atypique. Et bien qu'annoncé comme étant un thriller par l'éditeur, ce n'en est pas un. Ce n'est pas un roman noir non plus. C'est pour moi un mélange de littérature blanche et policière. Voilà pour la tentative de ranger ce livre-là dans une catégorie.

Ce livre nous plonge rapidement dans le quotidien d'un gallériste de New York et donc au beau milieu de l'Art. Celui avec un A majuscule. Celui grâce auquel un artiste peut vendre une toile blanche avec la critique l'acclamant comme un génie. Bien entendu, Jesse Kellerman nous présente ce monde et ses codes par la main car il se doute que le lecteur lambda est bien étranger à ces hautes sphères. Son regard cynique sur le milieu est très appréciable et donne des notes d'humour au roman. Voilà pour le côté blanc bien vu et dépaysant.

Pour le côté plus policier du roman on n'a pas là l'enquête la plus excitante du siècle. En deux mots on assiste à une recherche de la vérité sur le meurtre de plusieurs enfants mais sans le côté officiel et méthodique du classique inspecteur de police. L'enquête est plus diffuse, un peu noyée dans les aventures personnelles de notre cher galleriste qui ne sont pas sans rappeler les frasques que l'on retrouve dans les séries américaines légères.

Ainsi malgré un début de roman percutant, l'enthousiasme initial décroît rapidement pour laisser place à une certaine monotonie voire même de la morosité. D'autant plus que l'auteur a cru bon d'utiliser une grosse ficelle bien usée : les fameux chapitres relatant l'Histoire du Tueur d'enfants. Ces chapitres n'apportent vraiment pas grand chose et contribue à la perte de rythme du livre. Par ailleurs le coup de théatre final n'a pas vraiment lieu, ou tout du moins ne parvient pas à marquer le lecteur.

Au final ce roman atypique vaut le détour pour sa description du milieu art, intrigue le lecteur puis finit par se perdre dans les histoires annexes...

Note : 3 étoiles

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Jusqu'à la folie

Avant-goût :

Jonah, étudiant en médecine, est témoin d'une agression au couteau d'une jeune femme et décide d'intervenir. Il ne sait pas qu'il vient de mettre le doigt dans des rouages qui le dépasse.

Critique :

Jesse Kellerman s'était fait remarqué avec son premier roman "Les Visages" qui proposait une intrigue pseudo-policière dans le milieu de l'art et qui a connu un franc succès auprès du grand public. Il était donc intéressant de voir ce que l'auteur pouvait proposer en second roman, s'il pouvait confirmer ou non son talent.

"Jusqu'à la folie" nous plonge donc dans un autre domaine : celui de la médecine. Souvent traité brievement dans les polars et quasiment uniquement sous l'angle de la médecine légale, ce choix de la médecine généraliste est bien vu et surtout bien traité. Le quotidien harassant de Jonah est très bien décrit au point que l'on croit sentir le vécu avec en prime le petit manuel humoristique de l'interne en médecine.

En effet, le ton de la première partie est presque badin avec des notes d'humour, des personnages haut-en-couleur et des mésaventures amusantes. Il n'empêche que le roman est quand même un polar. Ainsi à un moment donné l'histoire tourne au vinaigre et devient grinçante. Moins intéressante aussi puisque certains développements sont un peu lourds et d'autres peu réalistes. Le style reste agréable à lire mais ne réussit pas à amener du suspense et du rythme, tant et si bien que l'intrigue s'enlise un peu dans des détails peu pertinents.

Au final, Jesse Kellerman tombe dans le même travers que pour Les Visages : une bonne base initiale étrangement développée en un thriller sans suspense. Peut-être qu'il ferait mieux de laisser tomber le côté "thriller".

Note : 3 étoiles

 

Jusqu'à la folie - Jesse Kellerman

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