Emmanuel Grand

Terminus Beltz

Avant-goût :

Marko, ukrainien, se retrouve bientôt sur l'île très isolée de Beltz, poursuivi par la mafia et pas bien vu des pêcheurs de l'île. Heureusement, Caradec le prend sous son aile...

Chronique :

"Terminus Beltz" est un thriller fantastique breton. C'est déjà beaucoup et l'on verra que c'est le principal reproche que l'on peut adresser à ce roman : vouloir trop en faire.

C'est un thriller d'abord parce que l'auteur a visiblement une bonne culture du genre. Il sait créer du suspense avec par exemple la traque de Marko par la mafia. Il sait user de la violence à bon escient, avec pour exemple les meurtres. Il sait maintenir un rythme pied au plancher, dès la scène d'introduction - percutante - jusqu'à la fin en spirale étouffante.
C'est un roman fantastique, car sur l'île se passe des évènements étranges dont on ne sait jamais s'ils sont réels ou imaginés, fantasmés par les protagonistes. En tête de ligne figure l'Ankou, une représentation ancienne de la Mort.
C'est une histoire bretonne où la culture de la pêche est omniprésente, l'Ankou et les croyances liées sont bien sûr bretonnes elles aussi.

C'est un roman qui fait beaucoup de choses bien, dans un ensemble plutôt cohérent mais qui finit par se fissurer lorsque la fin arrive : elle ne répond pas à toutes les questions, ne convainc pas totalement. De même, on peut noter la quasi absence incongrue de la police lors d'une affaire criminelle sur l'île.

Au final Emmanuel Grand signe un premier roman très prometteur, dommage que tout ne s'emboîte pas parfaitement à la fin.

Note : 4 étoiles

 

Les salauds devront payer

Avant-goût :

Dans le nord de la France désindustrialisé, une jeune femme fait un prêt de 50000€ douteux. Elle trouve la mort quelque temps plus tard, est-ce une vengeance du prêteur ?

Chronique :

Pour son deuxième roman, Emmanuel Grand change de région (de la Bretagne il passe au Nord) et de type de personnages. Les élèments réussis du premier roman sont toujours là, hélas, les défauts aussi. Explications.

En positif, l'auteur sait toujours écrire, le style est fluide, précis, efficace. Emmanuel Grand est tout aussi à l'aise pour décrire l'Indochine qu'une partie de chasse ou l'ambiance du bistrot du pays. Cette variété de scènes bien décrites est vraiment agréable à lire. Il sait aussi brosser de bons portraits nuancés, du médecin de campagne à la flic un peu paumée ou encore le capitaine d'industrie.

Tout ça est contre-balancé par là encore une intrigue trop complexe. Sans trop en dire, à force de multiplier les meurtres et les plongées dans le passé, il n'y a plus que l'auteur qui sait où il veut en venir, le lecteur étant perdu en route. D'autant plus que là où l'intrigue se complexifie, elle perd généralement en crédibilité et tout l'ensemble perd en force.

Au final, ce roman propose de très bonnes choses mais en fait trop, dommage.

Note : 3 étoiles

Les salauds devront payer - Emmanuel Grand

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