Pascal Dessaint

Les derniers jours d'un homme

Avant-goût :

Récits croisés d'un père, ex-ouvrier dans une usine métallurgique du Pas-de-Calais, et de sa fille, plus de dix ans plus tard.

Chronique :

Pascal Dessaint renoue ici avec la un sous-genre classique du polar français : le roman noir social. C'est un sous-genre qu'on voit de moins en moins, les auteurs en particulier les nouveaux se dirigent de plus en plus vers le thriller, très à la mode comme en témoigne les meilleurs ventes ainsi que le florilège de séries policières télévisées.

C'est donc avec un certain plaisir que l'on lit cette analyse sociétal, sous couvert d'un roman, sur le thème du déclin industriel, de la lutte des hommes pour garder un emploi, de l'intoxication des gens et des sols aux métaux lourds. S'inspirant, hélàs, de multiples faits réels, Pascal Dessaint fait l'état des lieux de cette zone industrielle sinistrée au travers de deux récits séparés d'une bonne dizaine d'années qui se font écho afin de livrer au lecteur le pourquoi et le comment des derniers jours d'un homme.

On est ici en plein roman noir et pas une lueur d'espoir n'apparait, aucune échappatoire. Cette ambiance pesante de ne pas avoir d'issue est très bien retranscrite, sans effets de manche, sans pathos exagéré non plus. Le récit tourne autour d'une poignée de personnages - le père, la fille, l'oncle, les ouvriers, la patronne du bistrot - toujours humains, jamais méchants mais poussés vers le pire par le desespoir, le sentiment d'être trahi par le patronat, etc. Le roman résonne alors souvent avec l'actualité, ces ouvriers qui bloquent leur usine pour retarder l'échéance d'un chomage annoncé.

Au final, ce roman est une belle réussite, une histoire qui donne à réfléchir mais qui ne redonne pas foi en l'humanité. 

Note : 4 étoiles

 

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