Andrea Camilleri

La lune de papier

Avant-goût :

Le commissaire Montalbano cherche à découvrir la vérité sur le meurtre d'Angelo Pardo, un homme très lié à sa soeur et à son amante...

Chronique :

Les romans d'Andrea Camilleri sont uniques et possèdent un goût particulier. Celui du Sud, de l'Italie et de la Sicile plus particulièrement. Ce goût se manifeste au travers de la culture, de la gastronomie et surtout ici au niveau de la langue si particulière de l'auteur. Au passage le fantastique travail du traducteur pour rendre cette langue truculente doit être souligné. La lecture en est très plaisante.

On aurait pu croire qu'avec un fond si peu classique, l'intrigue soit mise à la trappe, ne servant que de support à la créativité de la langue. Il n'en est rien. L'enquête de commissaire Montalbano est toujours au premier plan et maintient constamment l'intérêt du lecteur, et si le commissaire fait des digressions cela ne dure rarement plus de cinq lignes et se lit le sourire aux lèvres. Par exemple dans "La lune de papier" le commissaire se sent vieux et se met à redouter la mort, cette crainte est très bien rendue au travers de nombreuses situations caustiques...

Les autres personnages sont tout aussi sympathiques et crédibles que le commissaire, à l'image des deux femmes diamétralement opposées qui sont au coeur de l'intrigue.

Au final, "La lune de papier" est une excellente enquête tant sur le fond que sur la forme.

Note : 4  étoiles

Lune-de-papier.jpg

Le tailleur gris

Avant-goût :

Un directeur de banque se retrouve à la retraite. Il doit se défaire de toutes ses habitudes et commence à voir la vie d'un oeil nouveau... Sa femme, Adèle, continue à le mettre à part dans sa propre maison pour profiter pleinement de ses amants...

Chronique :

Dans ce court roman noir Andrea Camilleri ne met pas en scène son commisaire fétiche : Montalbano. Il nous propose donc un récit articulé autour de deux personnages très opposés et pourtant mari et femme sur le papier. Ce récit à la première personne nous met très rapidement dans la peau d'un directeur de banque, depuis peu en retraite son nouveau quotidien, ces questionnements, son ennui sont excellement mis en oeuvre par l'auteur. Peu après apparait la femme qui deviendra le personnage central du roman, la fameuse Adèle. Cette femme à la beauté fatale est beaucoup plus complexe qu'il n'y parait et au final la "réalité" se retrouve bien loin des préjugés que l'on a sur ce genre de femme.

Toutefois ce roman est décevant, parce qu'il est à la fois magnifique et plein d'humanité mais terriblement classique au niveau de l'écriture. Celle-ci demeure toutefois très concise et imagée mais il manque la patte d'Andrea Camilleri, cette langue si truculente qui a fait son succès, d'où la déception de ne pas la retrouver ici.

Finalement ce roman compose un admirable portrait de femme, tout en clair-obscur, qui montre aussi qu'Andrea Camilleri sait être simple dans son écriture...

Note : 3 étoiles

tailleur-gris.jpg

Zu Cola et autres nouvelles

Avant-goût :

Petit recueil de nouvelles du maître italien.

Chronique :

Ce livre d'une centaine de pages tient dans la poche et profite d'une jolie maquette sans fioritures. Le contenu est varié avec à la fois des nouvelles très courtes, d'autres longues, des histoires tirées de faits véridiques et aussi de la pure fiction.

Il est toutefois dommage que le style si particulier d'Andrea Camilleri soit peu présent. A ce titre il manque une note de l'éditeur expliquant la particularité de l'écriture de l'auteur. Un lecteur non-avisé sera surpris de lire "il s'est aredressé" par exemple et croira peut-être voir une coquille. Par contre la traduction est très bonne avec de nombreuses notes explicatives concernant la culture Sicilienne.

Concernant les nouvelles, certaines sont plus intéressantes que d'autres mais toutes nous font découvrir la Sicile et le mode de vie des siciliens.

Au final, ce recueil de nouvelles est agréable à lire mais il se destine plus particulièrement aux amateurs du fameux auteur italien. 

Note : 3 étoiles

zu-cola-et-autres-nouvelles.jpg

L'âge du doute

Avant-goût :

Montalbano revient et s'interroge toujours sur sa vieillesse lorsqu'une rencontre fortuite le met sur la route d'une jeune femme qui lui raconte une étrange histoire sur un bateau. Bientôt l'intrigue prend forme autour d'un cadavre récupéré en mer, de deux bateaux, de femmes obsédantes...

Chronique :

Cette aventure de Montalbano respire l'Italie avec sa cuisine délicieuse (le commissaire rafole des rougets), ses belles femmes et sa douceur de vivre. Le charme opère une nouvelle fois, porté par l'écriture musicale de l'auteur bien retranscrite par le toujours aussi formidable travail de Serge Quadruppani.

Pour rappel Andrea Camilleri transforme l'italien en modifiant son orthographe, l'ordre des mots, en ajoutant des mots siciliens. En français cela donne "pinser" au lieu de penser, "s'areveiller" pour se reveiller, "Montalbano je suis" quand le commissaire se présente, etc.

L'intrigue met un peu de temps à démarrer mais une fois lancée on croirait lire une pièce de théatre avec des scènes très drôles (avec le questeur par exemple), des quiproquos et une part de tragédie.

Au final cette enquête de Montalbano remplit toutes les attentes et vivement le prochain épisode.

Note : 4 étoiles

L'âge du doute - Andréa Camilleri

La première enquête de Montalbano

Avant-goût :

Le commissaire Montalbano se retrouve aux prises avec un tueur de poisson (!) ou encore un kidnappeur d'enfant bien particulier.

Chronique :

Sous le titre "La première enquête de Montalbano" se cache en fait trois histoires, le tout en presque 350 pages. Le choix de les regrouper sous le même titre est un peu étrange car elles sont totalement indépendantes et sans continuité temporelle. D'environ une centaine de pages chacune, les trois longues nouvelles sont agréables à lire avec toujours la part de loufoque chère à l'auteur. On retrouve avec plaisir le commissaire Montalbano, son goût pour la nourriture italienne, sa nonchalance et parfois sa maladresse envers les femmes de sa vie. La langue comporte plus ou moins d'ajouts, la spécifité de l'auteur, selon les nouvelles.

Au final cet ouvrage de Camilleri bien que très plaisant, est loin d'être indispensable.

Note : 3 étoiles

La première enquête de Montalbano - Andrea Camilleri

Le toutamoi

Avant-goût :

Entrez dans le monde d'Arianna, femme-enfant au passé trouble, et ses relations non conventionnelles avec les hommes.

Chronique :

Si pour vous Andrea Camilleri c'est le Sud, le soleil, la gastronomie, l'humour et un style inimitable, sachez qu'il est capable d'écrire tout le contraire. La preuve en est avec "Le toutamoi" un court roman très noir, sans humour, dans un style volontairement sobre. Le roman a de quoi dérouter le lecteur même aguéri. En effet il aborde les thèmes de la fragilité psychologique, du trauma, de l'adultère, de la différence entre passion et amour. Ces sujets sont bien traités en gardant tout au long du récit un côté dérangeant, le tout sans jugement.

Au final ce roman a le mérite d'explorer un sujet étonnant mais qui ne marquera probablement pas le lecteur durablement.

Note : 3 étoiles

Le toutamoi - Andrea Camilleri

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau