Brown, Dan

Forteresse Digitale

Avant-goût :

Une agence de sécurité des Etats-Unis possède un ordinateur capable de casser n'importe quel code secret... Lorsqu'un code met en échec cet ordinateur surpuissant tout s'emballe ...

Critique :

Forteresse Digitale est le premier livre du désormais célèbre Dan Brown et on comprend aisément pourquoi il n'a pas percé avec ce livre là. En effet Dan Brown accumule les erreurs sur tous les plans. Les personnages sont remarquables pour leur manque de consistance ainsi que pour les clichés qu'ils propagent. On retrouve la belle et brillante Américaine, le petit ami Colgate de celle-ci, le méchant asiatique pas beau etc. Sur la forme l'intrigue est très classique, les rebondissements ne surprennent nullement tant ils ont déjà été utilisés. Sur le fond c'est déjà plus intéressant avec le monde de l'informatique et des codes, voilà le seul point vraiment positif du livre. Néanmoins, la partie qui se déroule en Espagne est inutilement longue et il en va de même pour la fin qui en plus d'être longue est ridicule puisque n'importe quel lecteur pourra deviner le dernier code alors que les meilleurs spécialistes américains mettent 10 pages pour le trouver !

Dan Brown utilise trop de clichés et d'erreurs de scénario pour être vraiment convaincant, car seul l'univers de l'intrigue et les courts chapitres sauvent les meubles.

Note : 2  étoiles


Forteresse-Digitale.jpg

Anges et Démons

Avant-goût :

Robert Langdon est convoqué en Suisse, au CERN, pour analyser une scène de crime à la symbologie mystérieuse...

Critique :

Anges et Démons a été écrit 6 ans avant le Da Vinci Code, et franchement il y a de quoi s'étonner qu'il n'ait pas connu immédiatement le succès de son petit frère. En effet tout est réuni pour faire de ce bon thriller ésotérique un succès commercial. Les thèmes abordés sont très interessants, avec en vrac de la symbologie, de la religion, de la science, des ambigrammes etc. Le lecteur est donc amené à engranger beaucoup de connaissances... ou presque. Aborder est une chose, traiter en est une autre. Ici la superficialité est de mise, Dan Brown n'entre jamais dans les détails (au niveau technologie et sciences) et nous fait croire que l'eau est du vin. Le tout reste ultra efficace car les chapitres se dévorent tant le rythme est rapide et les chapitres courts. Le lecteur jongle constamment entre différents points de vue ce qui ajoute encore du rythme. Sans parler des nombreux rebondissements et autres retournements de situation. L'expression de thriller à cent à l'heure est totalement adaptée ici. On arrive donc très rapidement à la fin. Et au final que reste-t-il de la lecture? Des scènes invraisemblables, une intrigue peu crédible mais entrainante, et des personnages sympathiques mais carricaturaux. Une question s'impose donc : faut-il privilégier à fond la carte du rythme pour que le lecteur dévore le bouquin? Ma réponse est non, pour faire un bon thriller il faut être bon sur tous les plans, pas qu'un seul. Est-ce que cela suffit à faire vendre? Hélas oui.

Pour finir, "Anges et Démons" est un bon thriller ésotérique puisqu'il se lit vite, mais le problème est qu'il contribue à la parution de nombreux livres du même genre avec une qualité très médiocre alors que le thriller ésotérique n'en a pas besoin, ce sous-genre dispose de suffisamment de bonnes gâchettes...

Note : 3 étoiles


Anges-et-demons.jpg

Deception Point

Avant-goût :

Un satellite de la Nasa détecte une météorite enfouie sous les glaces de l'Arctique... Rachel Sexton, analyste des services secrets, est dépêchée sur place avec une équipe de scientifiques pour vérifier si la découverte est authentique ou non...

Critique :

L'écriture de Dan Brown est très efficace, ses livres se lisent très rapidement, mais au final il ne reste pas grand-chose de la lecture. En effet les personnages ont peu de relief et d'un roman de Dan Brown à un autre seul les noms des personnages changent... Deception Point n'échappe pas à la règle. L'intrigue est sympathique et plutôt originale même si après un départ en boulet de canon elle s'essouffle assez vite. Elle reste toutefois nettement meilleur que celle Forteresse Digitale par exemple.

Pour conclure, Deception Point applique juste la recette Dan Brown, qui permet de faire passer un bon moment au lecteur mais sans jamais le marquer durablement.

Note : 3 étoiles


Deception-point.jpg

Da Vinci Code

Avant-goût :

Robert Langdon, spécialiste américain reconnu en symbologie, va au Louvre pour examiner des pictogrammes relatifs aux tableaux de Leonard De Vinci, mais une fois arrivé sur place rien ne se passe comme prévu...

Critique :

Immense succès international, le Da Vinci Code a fait couler beaucoup d'encre, il est tantôt ovationné tantôt décrié. Ce thriller ésotérique possède certains aspects positifs : l'intrigue, même si certains auteurs accuse Dan Brown de s'être accaparé de leurs travaux, est passionnante. On y croirait presque, notamment grâce à l'affirmation du début du livre comme quoi tout est vrai, phrase qui suscita la politique. L'art de Dan Brown est de mêler théories fumeuses et réalité, on ne distingue plus le vrai du faux, là se trouve la véritable force du Da Vinci Code : réussir à nous convaincre de sa théorie en semant le doute parmi nos convictions. Mais comble de l'infortune, là est aussi le seul atout du Da Vinci Code. En effet le reste n'a rien de grandiose, le style est très banal, on change de point de vue très souvent pour créer du suspense, les chapitres sont donc très courts. Mieux vaut ne pas s'aventurer du côté des personnages, qui n'ont aucune profondeur psychologique, pour caricaturer on retrouve le clan des gentils et le clan des méchants. Sur ces points-là  le Da Vinci Code est loin d'être un chef d'oeuvre et encore moins le roman du siècle...

Finalement, outre son intrigue mélangeant le vrai et le faux, le Da Vinci Code est un thriller ésotérique banal dont le marketing et le bouche à oreille en a fait un succès commercial. Les thrillers ésotériques regorgent de pépites d'un tout autre calibre que ce Da Vinci Code qui reste néanmoins le livre incontournable de Dan Brown.

Note : 3 étoiles

Adaptation en film : en 2006 par Ron Howard. Semi réussite qui ravira surtout ceux qui ont lu le livre, car sinon tout va trop vite pour comprendre quoi que ce soit.


Da-vinci-code.jpg

Le Symbole Perdu

Avant-goût :

Robert Langdon est convoqué d'urgence au Capitole pour faire une conférence... Mais une fois sur place le jeu de piste commence...

Critique :

Cela faisait plusieurs années que le monde attendait la sortie d'un nouveau roman de Dan Brown, et plus le temps passait plus les attentes étaient grandes. Et forcément la deception l'est tout autant.

En effet nous allons voir que Dan Brown nous propose exactement la même recette que celle de ses précédents livres et qu'en plus il ne respecte pas son lectorat.

Il convient de noter, tout de même, que cette fois-ci sa documentation ne semble pas trop sujette à caution. Apparemment il n'aurait pas trop dénaturé la nature propre de la franc-maçonnerie mis à part quelques simplifications. On ne peut donc pas l'attaquer sur ce plan-là. Par contre il a eu la malheureuse idée d'essayer d'étoffer son intrigue avec une science mystérieuse : la noétique. Et voilà que Dan Brown se met à divaguer là-dessus, il essaye de nous faire avaler des couleuvres comme quoi, par exemple, on peut peser l'âme humaine via une expérience dont le protocole est ridicule, qu'un ensemble de personnes ayant la même pensée en même temps peut avoir un effet physiquement mesurable, qu'une scientifique a réussit à prouver qu'il y a une vie après la mort, j'en passe et des meilleures. Bref ce laïus utopique était hautement dispensable et n'apporte strictement rien à l'intrigue. Sinon l'intrigue propose encore une fois son florilège de symboles et quelques codes à déchiffrer qui relance parfois l'intérêt de l'intrigue.

Concernant les personnages on ne peut regretter qu'une fois encore ils soient tous désespérément plats et sans l'ombre d'un quelconque charisme ni même d'un petit rien qui pourrait nous faire croire un instant que ce ne sont pas des personnages de fiction. Outre le personnage énervant au possible qu'est le professeur Robert Langdon, s'ajoute une scientifique digne d'une sitcom américaine, un milliardaire quelconque qui confit un secret d'une importance capitale à n'importe qui ou presque (Robert Langdon en l'occurrence) et pour finir par le meilleur un méchant très très méchant. Ce vilain entièrement tatoué de symboles mystiques et complètement fou a une psychologie très limitée, ses discours sont creux et d'un ennui rare. Pour couronner le tout, sa cruauté se limite seulement à trancher une main et à faire croire à un autre personnage qu'il se noie... De quoi faire des cauchemars, assurément.

Maintenant intéressons-nous au style de Dan Brown. Celui-ci est très médiocre sans l'ombre d'un doute puisqu'il oscille toujours entre un ton encyclopédique ou professoral. Encyclopédique lorsque Dan Brown nous raconte l'histoire du Capitole ou d'une statue célèbre à la manière d'un article de Wikipédia et professoral lorsque pour nous faire comprendre son point de vue il utilise une soi-disante ancienne conférence de Robert Langdon (qui étaye l'opinion de Dan Brown) en tant que professeur face à des étudiants (qui font des objections que le lecteur formule dans sa tête). En gros Dan Brown nous dit "vous avez tort de pensez comme ça, voici la réalité telle que je la vois". Cette manière de procéder est extrêmement lourde et exaspérante. Ensuite uniquement dans le but de créer du suspense Dan Brown se moque éperdument de son lecteur et joue avec lui. Par exemple dans un chapitre nous sommes dans la peau d'un personnage X, la narration nous indique tout ce que le personnage fait, sauf qu'au moment important - quand X repère une inscription symbolique par exemple - la narration nous laisse aveugle et propose une phrase laconique du genre "X lut l'inscription sur la pyramide et frissonna d'effroi", Dan Brown ne nous révélant ladite inscription qu'une dizaine de page plus loin. Ce procédé très frustrant pour le lecteur se répète tout au long du livre et assure Dan Brown d'avoir toujours un coup d'avance sur le lecteur celui-ci n'ayant jamais toutes les clés en main. Le lecteur se voit donc contraint, tout comme Robert Langdon d'ailleurs, de subir les événements plutôt que de les vivre.

Au final Dan Brown nous propose la même soupe ésotérique que la dernière fois, sans même une once de respect pour le lecteur...

Note : 3 étoiles

Symbole-perdu.jpg

Navigation : Auteurs populaires

Navigation : Auteurs américains

Navigation : Auteurs de thrillers

Commentaires (8)

admin
  • 1. admin | 18/03/2011
Cher Roger Delpierra,

Votre commentaire manque lui-même de sobriété toutefois je vous enjoins d'etayer votre propos en usant d'autres artifices qu'une vulgaire définition du roman ésotérique trouvée sur Wikipédia.

Mes amitiés,

CM
Delpierra Roger
  • 2. Delpierra Roger | 06/02/2011
Bonjour,

Je trouve que votre critique manque un peu de sobriété...
En effet, si l'on peut admettre que Dan Brown, n'est autre qu'un sérial vendeur, je pense que vous négligez cependant le cöté fondamental de recherche effectué durant des années, par ce dernier.
Par conséquent, si l'ésotérisme se veut être " un ensemble de mouvements et de doctrines relevant d'un enseignement caché, souvent accessible par l'intermédiaire d'une « initiation » ", il reste néanmoins déplacé de le considérer comme tel...
Ne pourrions nous pas utilisé cette savante définition d'Antoine Faivre, à des fins plus judicieusement mystiques...

Cordialement,

RD

maxenc
  • 3. maxenc | 02/06/2010
Quand bien même certains peuvent admettre que la documentation de Dan Brown est plus étendue dans "Le Symbole Perdu" que dans ses oeuvres précédentes, il n'en reste pas moins que Robert Langdon, professeur enseignant la "symbologie" à l'université d'Harvard, ne sait pas lire la langue grecque, alors que l'alphabet est la première liste de symboles apprise par les enfants.

Il commet un "barbarisme" qui n'est plus toléré par les professeurs qui enseignent le grec ancien quinze jours après la première rentrée scolaire des collégiens concernés, lisant pages 492 et 493 de l'édition Lattès la voyelle longue "èta", dont la graphie majuscule est "H" comme la consonne muette "h" de l'alphabet latin.

C'est une monstruosité que je n'accepte pas, surtout après l'avertissement liminaire comme quoi tous les rites et processus sont authentiques, présentation que je considère comme mensongère.

Et pourtant c'est un roman qui se laisse lire facilement.
Heironimus
  • 4. Heironimus | 17/06/2009
Mais ?!? Je lis ci dessus qu'il existe de bien meilleurs thrillers ésotériques que Dan Brown.

D'accord mais lesquels ???

Sans cette précision, c'est difficile de ce faire un avis.
Clément (administrateur de Polars Addict)
  • 5. Clément (administrateur de Polars Addict) | 27/02/2009
à Didier Meynet,

Ma gentillesse à l'égard du Da Vinci Code est essentiellement dû au fait que ce fut un de mes premiers polars... Je l'ai lu quasiment d'une traite, je ne m'y suis pas ennuyé une seconde.
Par contre je comprends que le connaisseur de polar ait beaucoup de mal à le lire, si je l'avais lu maintenant j'aurais peut-être eu la même impression que vous!
En tout cas si ce livre a amené des personnes à découvrir le polar c'est tant mieux non?
didier MEYNET
  • 6. didier MEYNET | 27/02/2009
bonjour, je vous trouve d'une gentillesse impardonnable, le da vinci machin est un bouquin à lire aux toilettes, pas de style,ou alors celui d'une charrue, une intrigue téléphonée au possible, rien d'intéressant dans ce roman, sinon une horrible question , pourquoi ce truc a fait un best seller alors que les bouquins de lehane , pelecanos et autre restent des tirages moyens ??.Je dis ça sans agressivité aucune, mais je me suis tellement embêté à essayer de lire ce machin que pendant un moment j'en ai voulu au monde entier..sans aller jusqu'au meurtre... malheureusement...
Les Tourneurs de Page
  • 7. Les Tourneurs de Page (site web) | 14/01/2009
J'ai tout lu de Dan Brown, et j'ai beaucoup aimé, même si pour une fois le code davinci, je l'ai bien compris en voyant le film.
Dan Brown est un auteur dans la meme lignée que John Grisham, 2 bons auteurs américains.
Marc Legrand
  • 8. Marc Legrand (site web) | 04/10/2008
Je n'ai lu que Da Vinci Code, aussi ne me prononcerais-je que sur ce roman. Personnellement, je l'ai trouvé comme vous relativement moyen, écrit dans un style tantôt poussif, tantôt franchement lourd.

Pas trop mal documenté, exception faite des "bévues" historico-religieuses voulues par Dan Brown pour semer le doute chez le lecteur, je conserve une impression étrange d'écriture à quatre mains (une intuition d'auteur, peut-être).

De mon point de vue, les passages les mieux écrits (sans doute les explications de texte sur telle ou telle oeuvre d'art) sont l'oeuvre, justement, de l'épouse de M. Brown dont c'est la spécialité professionnelle.

Voir plus de commentaires

Ajouter un commentaire

Code incorrect ! Essayez à nouveau