Quais du Polar 2012

Conférence de Deon Meyer

     Polars Addict était présent pour cette huitième édition des Quais du polar à Lyon. N'étant pas moi-même un fan du genre [Bérenger de la section SFFF de PA], c'est avec une appréhension mal dissimulée que je pénètre au cœur de l'imposant et majestueux décor que confère la Chapelle de la Trinité à cette rencontre ... Chapelle édifiée entre 1617 et 1622 dans le style baroque par le frère jésuite architecte Martellange. Mais voilà que déjà monte sur scène Mr. Deon Meyer et Bruno Corty, journaliste pour Le Figaro.

     Présenté par Bruno Corty comme le parrain du roman noir sud-Africain, à 11h30, Deon Meyer réplique :

« Je me sens un peu tendu quand les gens m'appellent 'auteur'. Ça fait trop chic. Je me considère plutôt comme un conteur ».

     En effet les conteurs ont une place importante dans la culture Africaine, principalement orale. Une culture à laquelle Meyer tient fortement. C'est d'ailleurs pour cela qu'il écrit tous ses romans en Afrikaans, un langage créé par les premiers esclaves importés par les Hollandais. Après le passage religieux, nous en avons terminé avec la digression culturelle.

     Deon Meyer est un 'conteur' qui tient à son pays. Voilà qui est dit. Intéressons-nous dorénanavant à son dernier roman: A la trace. Livre ambitieux, riche mais au final peu complexe dans lequel Meyer convoque deux de ses personnages: Lemmer et Joubert.

     Bruno Corty pose alors la question qui est sur toutes les lèvres: « Il n'y a pas de personnages récurrents dans vos histoires, mais certains réapparaissent. Comment les convoquez-vous ? ». A cela le conteur répond: « L'histoire vient toujours en première ». Puis d'expliquer que c'est l'intrigue qui invoque d'elle-même les personnages qui lui feront le plus honneur. Ensuite se crée une synergie, chaque personnage venant nuancer la trame principale de l'histoire.

     Avant de résumer cet impressionnant pavé, l'auteur souhaitait nous faire part de sa volonté derrière ce roman. Meyer a eu deux fascination durant son travail: le temps dans le processus d'écriture et la structure.

« La structure peut devenir tyrannique, mais elle est surtout confortable »

     Voilà pourquoi il souhaite ne plus être un esclave volontaire de cette structure. D'où un livre en trois parties (chacune ayant pu conduire à un livre), avec un deuxième acte plus imposant que les deux autres. Livre épais s'il en est, sachez tout de même que le premier jet comportait plus de 1000 pages, réduites à 736 après relecture.

     L'objectif d'écriture étant maintenant connue de nous autres, lecteurs nous nous demandons d'où provient la trame de ce nouveau livre? L'idée de départ de Meyer était de voir comment un événement pouvait agir sur la vie de personnes ordinaires. Comment ces personnes allaient réagir face à des situations dont ils ne sont pas les auteurs. Trois actes donc, vues par trois protagonistes.

     Milla ouvre ce roman dans une première partie inspirée des romans d'espionnage. Cette femme est particulièrement importante pour Meyer car celui-ci veut faire comprendre que « les femmes sont le liguant de la société ». Noire ou blanche, cela n'a au final que peu d'importance. Cette femme est le symbole, la représentation de toutes les femmes sud-africaines. Elle se retrouvera mêlée à la traque de dangereux terroristes en relation avec Al-Quaïda.

     On retrouve Lemerre dans une imposante deuxième partie. Meyer a beaucoup d'affection pour cet aventurier un peu fondu qui a une passion pour la violence. Ce « trouble man » accepte une mission de récupération de Rhinocéros protégés à la frontière du Zimbabwe.

     Enfin, Mat Joubert, ancien flic devenu détective, aura doit à l'acte final de ce roman. Mat est le premier personnage à avoir été traduit et il y a une communion entre lui et son auteur. Tous deux ont perdus leur père.

     Guerre des gangs, trafics d'armes, de drogues et d'animaux protégés, menace terroriste, écologie et féminisme sont autant de sujets traités dans ce roman-panorama de l'Afrique du Sud contemporaine. 

     Les dernières 20 minutes, l'auteur s'éloigne de son dernier roman pour prêcher la bonne parole à propos de son pays, démentant les critiques concernant la criminalité et souhaitant nous faire partager la richesse de sa culture et les problèmes qu'il subit (immigration, écologie,...).

     Pour l'instant Meyer ne souhaite pas sortir du genre « roman noir », mais il avoue que si l'histoire l'y pousse, il prendra d'autres chemins.

     Le départ de Deon Meyer laisse alors la place à quatre membres de la compagnie « Et si c'était vrai ? » qui nous lisent un extrait d'A la trace. Nous avons même eu la chance de voir Bertrand Tavernier assister au début de celle-ci. Le ton est bon et la lecture nous entraîne dans une petite salle d'interrogatoire où un indic' des services secrets Sud-Africain demande une protection en échange d'informations concernant un groupe de terroriste musulmans et d'une mystérieuse cargaison. Puis place au briefing des agents (où nous sommes conviés, dossier en main) et qui nous permet d'entre-apercevoir le fil rouge de la première partie du dernier roman de Meyer.

     La fin de cette « réunion » conclut le bref passage de Polars Addict aux Quais du Polar édition 2012 à Lyon.

Envoyé spécial : Bérenger de la section Science-fiction Fantasy Fantastique de Polars Addict.

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